/finance/business
Navigation

Le DG de Polytechnique défend son passé chez Total

Selon lui, sa candidature n’a pas fait peur aux étudiants

Le nouveau DG de Polytechnique Montréal, Philippe A. Tanguy, ne pense pas que son ancien poste de vice-président chez Total soit incompatible avec sa nouvelle fonction.
Photo d'archives, Martin Chevalier Le nouveau DG de Polytechnique Montréal, Philippe A. Tanguy, ne pense pas que son ancien poste de vice-président chez Total soit incompatible avec sa nouvelle fonction.

Coup d'oeil sur cet article

Malgré son arrivée controversée à la tête de Polytechnique Montréal en début d’année, l’ex-dirigeant de la multinationale Total, Philippe A. Tanguy, se dit « absolument ravi » d’avoir travaillé pour la pétrolière.

<b>Philippe Tanguy</b><br />
Nouveau directeur de Polytechnique Montréal
Photo courtoisie
Philippe Tanguy
Nouveau directeur de Polytechnique Montréal

« Je ne renie absolument pas mon passé chez Total. Je suis absolument ravi d’avoir travaillé pour une compagnie de cette qualité-là, clairement. Sauf que voilà, c’est fini », a-t-il laissé tomber, dans un rare entretien au Journal.

« Risque Total »

L’été passé, étudiants, politiciens et environnementalistes du Regroupement de Poly contre Total ont publié une lettre intitulée « Le risque Total crée de grandes inquiétudes à Polytechnique » parce qu’ils avaient peur pour la réputation de leur école.

Ces critiques, M.Tanguy les rejette du revers de la main. Il se défend d’être « propétrole » et qualifie même de « fake news » ces reproches de « regroupements d’étudiants fantômes ». Associations étudiantes et professorales ont toutes bien accueilli sa venue, affirme-t-il.

M. Tanguy insiste : il n’a jamais touché au pétrole de sa vie. « Alors, ça serait bizarre s’il y avait un virage “propétrole”. Je ne m’occupais que d’énergies renouvelables avec mon employeur précédent et que de transition énergétique », ajoute-t-il.

En novembre dernier, quand Québec l’a nommé à la tête de l’école de génie, Alain Deneault, auteur de De quoi Total est-elle la somme ? a dénoncé le fait que M. Tanguy vienne du secteur « recherche » de Total.

Dans Le totalitarisme pervers, l’essayiste déplore l’influence des multinationales qui « financent abondamment les centres de recherches et les cursus des étudiants », citant le cas de Total. Il observe que M. Tanguy a fait partie de « Total Professeurs associés », sorte « d’université virtuelle » qui fait la promotion du géant pétrolier.