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La réalité rejoint la fiction pour une ado en fugue

La jeune de 16 ans aurait eu un billet pour aller rejoindre son « copain » à Toronto

fugueuse
Photo courtoisie, famille de Kelly Martin Nolet Kelly Martin Nolet, 16 ans, est portée disparue depuis le 23 février 2018 de son domicile de Laval. Elle pourrait se trouver dans la région de Toronto.

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Une adolescente dont l’histoire ressemble en tout point à celle du personnage principal de la série Fugueuse s’est une fois de plus volatilisée. Ce coup-ci, tout indique qu’elle serait allée rejoindre son proxénète à Toronto.

« Elle adore l’émission, elle trouve que c’est très réaliste et elle se fait même souvent demander si c’est inspiré de sa vie », lance la mère de Kelly Martin Nolet.

Cette fois, la réalité a rejoint la fiction.

Sandra Nolet est sans nouvelles de sa fille de 16 ans depuis samedi. Elle la surnomme affectueusement « cocotine ».

Sandra Nolet<br>
<i>Mère de Kelly</i>
Photo Frédérique Giguère
Sandra Nolet
Mère de Kelly

C’est la troisième fugue de plus de 24 heures de Kelly depuis qu’elle est entrée au centre jeunesse de Laval en octobre 2015.

Son comportement s’était d’ailleurs nettement amélioré depuis l’automne. Elle était sur le point d’obtenir une réinsertion partielle à la maison.

« J’ai l’impression de m’être fait avoir complètement, confie Sandra Nolet. De mon côté, je croyais faire la bonne chose en lui donnant un peu plus de lousse. Je croyais que la relation de confiance mutuelle allait revenir. »

La semaine dernière, Mme Nolet a découvert un papier appartenant à sa fille sur lequel étaient inscrits les noms et les numéros de téléphone de plusieurs personnes qu’elle sait liées au monde de la prostitution.

Il y avait même les coordonnées du proxénète avec qui elle avait été retrouvée lors de sa dernière fugue.

Prise d’angoisse, la mère de famille a tenté d’aborder le sujet avec sa fille, mais cette dernière s’est confondue en excuses.

Pas de nouvelles depuis

Vendredi, Kelly devait passer la soirée à écouter des films avec une amie et rentrer à minuit.

« Je me suis réveillée à 1 h 30 et elle n’était pas là, indique Sandra Nolet. J’ai réussi à la rejoindre et elle a fini par m’avouer qu’elle m’avait menti et qu’elle était plutôt chez son chum. J’ai insisté pour aller la chercher, elle ne voulait pas. »

Après avoir passé la nuit à tenter de convaincre sa fille de revenir d’elle-même, Sandra Nolet a fini par lui donner un ultimatum.

« J’étais fatiguée et inquiète et je lui ai donné 60 minutes pour revenir à la maison, sans quoi je la déclarais en fugue, relate-t-elle.

« Après 60 minutes, elle n’est pas revenue et j’ai appelé la police. Je n’ai pas eu de nouvelles depuis. »

Un billet pour Toronto

Dimanche, Sandra Nolet a su que Kelly avait en sa possession un billet afin d’aller rejoindre son « copain » à Toronto pour le week-end.

Aujourd’hui, la mère de l’adolescente se doute bien qu’il ne s’agit pas d’un réel amoureux, mais bien d’un proxénète.

Kelly, qui aurait également teint ses cheveux rouges afin d’éviter de se faire reconnaître, aurait réitéré dans les derniers temps son désir de devenir escorte. Pourtant, sa mère croyait qu’elle comprenait désormais la réalité sordide dans laquelle sont plongées les jeunes travailleuses du sexe.

Fan de la série Fugueuse, elle avait mentionné à quelques reprises que Fanny, le personnage principal, n’était « pas une conne » puisque les proxénètes de ce milieu peuvent être extrêmement manipulateurs.

La comédienne de la série Fugueuse, Ludivine Reding, dont Kelly est fan.. et à qui elle ressemble un peu.
PHOTO TVA
La comédienne de la série Fugueuse, Ludivine Reding, dont Kelly est fan.. et à qui elle ressemble un peu.

Description physique de Kelly

  • Parle français, mais s’exprime aussi très bien en anglais
  • Mesure 1 m 55 (5' 1'')
  • Pèse 54,5 kg (120 lb)
  • Cheveux désormais rouges
  • Yeux pers
  • Tatouage d’un AK-47 avec l’inscription « Only God can judge me » sur l’avant-bras droit​

Toute information pertinente peut être transmise de façon confidentielle en composant le 450 662-4636.

Des « frenchies » populaires à Toronto

Souhaitant s’offrir de « l’exotisme », les clients torontois sont prêts à payer le double du tarif habituel pour les services d’une escorte québécoise, selon la criminologue sociologue Maria Mourani.

Maria Mourani<br>
<i>Criminologue</i>
Photo Martin Alarie
Maria Mourani
Criminologue

Ce n’est pas nouveau, les frenchies ont la cote au Canada anglais, et particulièrement dans l’industrie du sexe. Quelques clics sur les sites où l’on retrouve des escortes nous permettent de le constater facilement : les annonces des french girls se comptent par centaines.

Qui plus est, c’est plus facile pour les proxénètes de les faire voyager à l’intérieur du pays puisqu’elles n’ont pas besoin d’avoir de passeport et que plusieurs destinations peuvent se faire plutôt rapidement en voiture.

Une dimension d’exotisme

« Dans la prostitution, il y a une dimension d’exotisme qui ressort souvent, explique Mme Mourani. Les clients ont souvent tendance à rechercher ce qu’ils n’ont pas forcément chez eux. Les Québécoises francophones sont prisées à Toronto. »

Selon l’experte, les hommes et les femmes qui ont recours aux services d’escortes sont prêts à payer le double pour les mêmes services sexuels.

« Quand ce sont des mineures, c’est encore mieux, dit-elle. Normal, quand on sait que l’âge moyen de l’entrée dans la prostitution au Canada est 14 ans. »