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Le Musée de la civilisation revient à l’essentiel

L’institution met en lumière des objets de l’histoire du Québec pour souligner ses 30 années d’existence

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À l’heure où son virage numérique est bien entamé, le Musée de la civilisation revient à l’essentiel pour célébrer ses 30 ans d’existence, en mettant en lumière sa matière première : les objets.

L’institution muséale a inauguré, mardi, l’exposition fort intéressante Sortir de sa réserve. 400 objets d’émotion, constituée de 430 objets choisis exclusivement parmi les 225 000 de sa collection.

Du piano de Claude Léveillée à l’orgue de Gerry Boulet, en passant par la cage de la Corriveau, un salon de coiffure des années 1940 et la fameuse statue de la reine Victoria dynamitée par le FLQ en 1963 à Montréal, on y trouve, dans neufs zones distinctes, une panoplie d’artefacts importants dans l’histoire du Québec.

On découvrira aussi des objets reliés à des crimes comme une bouteille de cognac que Jacques Mesrine a achetée après avoir été acquitté d’un meurtre au Québec en 1971 et qui avait été conservée par un journaliste qui avait couvert l’affaire.

« Il n’y aura jamais eu autant d’objets de la collection dans une salle du musée depuis son ouverture en 1988 », a souligné le directeur général, Stéphan La Roche.

Remettre l’objet au cœur d’une exposition « n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui, a-t-il ajouté mardi. À l’heure des technologies, du numérique, de la dématérialisation, les citoyens ont besoin d’avoir accès, d’être confrontés à des objets réels, tangibles, concrets. [...] À l’heure des “fake news”, les citoyens ont besoin d’avoir la vraie histoire ».

L’exposition couvre le large spectre de tous les types d’objets que peut contenir la collection, exposant même un bison naturalisé. Stéphan La Roche confie que les réserves du musée, remplies à environ 95 %, s’enrichiront de deux donations « extrêmement importantes » dans les prochains mois.

Innovation technologique

En contraste avec ces objets historiques, jamais la technologie n’aura été aussi présente dans une exposition que dans celle-ci.

Par exemple, lorsque le visiteur s’arrête devant l’orgue de Gerry Boulet, la vitrine s’anime grâce à des détecteurs. Les lumières et les projecteurs s’allument, des photos du chanteur défilent en arrière-plan et la chanson Promenade sur Mars commence à jouer dans les haut-parleurs. Tout s’éteint lorsque le visiteur passe à l’objet suivant.

De plus, les capteurs permettent aussi de recueillir des données et de compiler des statistiques, comme le temps passé par les visiteurs devant chaque objet. Ces données permettront de savoir ce qui intéresse le plus les gens pour des expositions futures, par exemple.

Cette technologie de détection de la présence humaine a été mise au point par la firme québécoise SAGA, « dans le but d’enrichir l’expérience du visiteur, explique Stéphan La Roche. Que le visiteur vive une expérience, c’est là-dessus qu’on travaille le plus. C’est une première au Musée. »

30 ans, ça se fête

L’année 2018, au Musée de la civilisation, sera marquée par la tenue du laboratoire de création numérique « M Lab », en avril, ainsi que les expositions Ici Londres, en mai, et Mon sosie a 2000 ans, en octobre.

Sans avoir plus de détails, un grand week-end d’anniversaire aura lieu dès le vendredi 19 octobre, jour de l’ouverture du musée en 1988.


♦ L’exposition Sortir de sa réserve. 400 objets d’émotion se déroule au Musée de la civilisation jusqu’en janvier 2019.

 

Les réserves du Musée sont composées de...

  • 225 000 objets, peintures, œuvres sur papier, spécimens de sciences naturelles, etc.
  • 1,2 km de documents d’archives
  • 197 000 volumes rares ou anciens
  • Depuis novembre, la totalité des collections est accessible en ligne, au collections.mcq.org. Il s’agit d’une des plus vastes bases de données au pays.