/sacchips/zoneassnat
Navigation

[AUDIO] 7 éléments marquants de la carrière du doyen de l'Assemblée nationale, François Gendron

François Gendron
PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS François Gendron

Coup d'oeil sur cet article

Dans une entrevue accordée à son ex-collègue Bernard Drainville, au micro du 98,5 FM, lundi, François Gendron, le doyen de l’Assemblée nationale qui tirera sa révérence en octobre, est revenu sur les 42 années qu’il a consacrées à la politique active.

Celui qui détient le record de l'élu ayant siégé le plus longtemps de toute l’histoire des députés du Québec a dévoilé plusieurs anecdotes, confidences et réflexions qui ont marqué sa carrière...

En voici quelques-uns!

À propos de son langage coloré et franc:

«Ce que je disais aux gens, les gens appréciaient ça, parce qu’ils disaient: “Toi, quand tu parles, on te comprend.” Est-ce que c’était toujours un langage le plus châtié du monde, le bec le plus pointu? Non. Mais est-ce que le monde me comprenait? Oui.»

Sa plus belle réussite:

«Ma plus belle réussite, la plus grande, moi personnellement, c’est d’avoir obtenu l’usine de papier journal à Amos, un investissement majeur contre deux ténors de la politique québécoise à l’époque, Yves Bérubé, député de Matane et Pierre de Bané, député de Matane. Pierre de Bané au fédéral et Yves Bérubé au Québec. [...] Quand ç’a été le moment de prendre une décision, est-ce qu’on embarque dans un financement d’état dans ce dossier-là, la réponse a été oui. M. (René) Lévesque avait dit: “ça va être Amos, ça ne sera pas une deuxième ou troisième machine à Matane”. J’avais les deux gros séniors contre moi. Est-ce que c’est une grosse victoire? Oui.»

Sa plus grande déception en politique:

«Ce n’est pas contre monsieur (Lucien) Bouchard, que j’ai admiré... [...] après le référendum de 95, monsieur Bouchard a pris les commandes de l’état, pis il m’a demandé de l’aider à faire son cabinet, ce que j’ai fait parce que j’ai beaucoup de respect pour monsieur Bouchard pis monsieur Bouchard a décidé que je n’en faisais pas partie. Et, je ne chiale pas, c’est compliqué faire un cabinet, mais là, ça, ça m’avait assommé. Il a reconnu un peu plus tard que ce n’était pas sa meilleure décision. [...] Ce fut une très grande déception parce que je me rappelle que j’avais eu énormément de lettres de démission de mon monde. J’avais eu énormément de gens qui avaient dit: “on ne comprend pas”. Ma famille avait prétendu que si j’avais plus de nerfs que j’aurais dû, j’aurais démissionné. Et là, je me rappelle, d’avoir dit: “Non, on ne peut pas être plus grand que l’équipe et moi je suis dans cette équipe-là, je veux rester dans cette équipe-là, mais c’est une décision de quelqu’un que j’admire pour de vrai”.»

L’adversaire politique qu’il a le plus respecté ou aimé:

«Au national, c’est clair que la personne que j’ai le plus aimée dans mes adversaires politiques c’est monsieur (Claude) Ryan! [...] M. Ryan était respectueux, d’envergure, travaillant comme ce n’est pas possible et une poignée de main, c’est un contrat. Et quand je disais à M. Ryan, parce que j’étais critique, comment tu vas te comporter? Il m’appelait les fins de semaine sur tel dossier, ben je lui donnais l’heure juste! Il y a eu un moment donné quelqu’un, je pense que c’est monsieur Pratte, quelqu’un qui avait écrit: “Les politiciens sont tous des menteurs” et M. Ryan avait réagi à ça et avait dit: “Là, t’es dans le champ mon Pratte”. [...] Il avait dit: “Wo! Moi, je vais t’en donner quatre politiciens et j’étais dans les quatre qu’il a nommés. J’ai eu droit à sept pages pour dire ”Nonon, Gendron tu ne peux pas l’affubler de menteur. S’il y a quelqu’un de sincère, d’honnête et de vrai c’est lui, alors refait tes devoirs mon Pratte, si tu veux écrire des affaires de même!”»

Le premier ministre qu’il a le plus adulé:

«J’ai tellement admiré monsieur (René) Lévesque. Homme populiste, mais dans le bon sens! Homme populiste dans le sens du respect du peuple, capable de lire le peuple, un humaniste extraordinaire, cultivé, tu pouvais parler de n’importe quoi avec M. Lévesque. Est-ce que j’ai adoré M. Lévesque? Bien sûr! [...] Mais est-ce que j’ai adoré M. Parizeau comme homme d’État? La réponse est oui. [...] J’étais béat devant la force de ce monsieur-là par rapport à ce qu’on appelle homme d’État. Un conseil des ministres avec M. Parizeau, je vais vous dire que ça roulait, les décisions se prenaient et si c’était prêt, on tranche, et si ce n’est pas prêt, on reviendra! Et ce n’est pas un reproche par rapport à l’autre. C’est juste pour parler de deux styles différents, mais moi, c’est sûr que M. Parizeau m’a marqué, m’a donné des cours, et je me rappelle quand il m’a nommé ministre de l’OPDQ, responsable des négociations provincial-fédéral, moi là, j’étais petit dans mes culottes! Croyez-le ou non, j’ai eu droit à des cours à la résidence de M. Parizeau, pour qu’il me donne un briefing plus élaboré sur les bons arguments dans ma première rencontre à Ottawa pour négocier l’entente-cadre du Québec comme ministre responsable de l’office de la planification et du développement du Québec.»

À propos de la classe politique:

«Moi, j’ai connu un paquet d’hommes et de femmes dédiés à la question politique. Des gens entiers, des gens vrais [...] Il y a des variables, mais les députés, règle générale, font un bon travail, se défoncent, représentent leur monde. Ça, c’est la vérité de la classe politique. Donc, conclusion je vous dis individuellement, le monde qui se lancent en politique mérite considération estime pour la très grande majorité. Quand vous les prenez collectivement, arrêtez de les démoniser, arrêtez de dire que c’est une gang de pourris, ils sont là pour servir et non se servir. Il n’y a pas tant de gens que ça en politique qui sont là pour se servir! Moi, j’ai connu plutôt l’inverse pendant 42 ans.»

Ce qui va lui manquer le plus:

«Moi, j’aimais le contact avec les jeunes, quand je faisais mes formations sur la démocratie vivante participative, hi que j’aimais ça le contact avec les jeunes et je vais essayer de trouver un moyen de le garder, faire le tour des écoles. La politique dans votre vécu, va vous toucher tous les jours par une loi, un décret, une déclaration ministérielle, un budget. [...] Si vous voulez être un citoyen à part entière qui joue un rôle plus important, commencez donc par en savoir un peu plus, vous intéresser davantage.»