/opinion/columnists
Navigation

Désillusion et indifférence chez les amateurs

Désillusion et indifférence chez les amateurs
Martin Chevalier / JdeM

Coup d'oeil sur cet article

Maintenant que le club est sorti de la course des séries, le Canadien s’est remis à récolter des points, malgré l’absence de son gardien étoile et de son meilleur défenseur.

C’est trop tard, messieurs. Les dommages sont faits. Un but comme celui que Jonathan Drouin a inscrit en deuxième période pour procurer les devants 2 à 1 au CH contre les Islanders, le public aurait aimé en voir plus souvent, lorsque ça comptait vraiment.

En 43 ans de carrière au Journal de Montréal, je n’ai pas vu souvent les amateurs de hockey du Québec être aussi dégoûtés par le rendement de leur équipe, comme c’est le cas actuellement. Ils en veulent à tout le monde.

Ils sont frustrés au point de souhaiter que le Tricolore perde la majorité de ses 19 derniers matchs afin d’améliorer ses chances d’obtenir le tout premier choix au prochain repêchage. Ils s’en fichent de savoir que 12 des 20 joueurs en uniforme face aux Islanders sont âgés de 25 ans et moins.

«Ils sont désillusionnés, au point de perdre tout intérêt, me disait Ron Fournier mercredi soir, lui qui anime l'émission «Bonsoir les sportifs» depuis 31 ans. Je sens chez les partisans un profond désarroi. Ils ne font plus confiance aux dirigeants.»

Une phase critique

L’ami Ron est bien placé pour tâter le pouls du public. Il prend des tas d’appels chaque soir. Il croit que le Canadien se retrouve dans une phase fort critique. «Les décisions que Marc Bergevin devra prendre dans les prochains mois seront majeures et si elles ne s’avèrent pas fructueuses, ça sera dévastateur à long terme pour l’organisation.»

Même si les partisans du Canadien sont parmi les plus fidèles dans la ligue, il y a des limites à les prendre pour des valises. Des valises qu’on bourre de belles promesses. Ça coûte une fortune pour assister à un match au Centre Bell et si les gens sentent qu’ils n’en ont pas pour leur argent, ils dépenseront cet argent d’une autre façon à l’avenir.

C’est le danger qui guette toute organisation professionnelle et Geoff Molson ne peut l’ignorer, même si le hockey sera toujours le sport le plus populaire à Montréal.

Bergevin n’a rien fait pour apaiser la colère des «fans» cette semaine lorsqu’il a confirmé qu’il sera à la table de l’équipe lors de la séance de repêchage en juin à Dallas, en compagnie de Trevor Timmins, qui demeure l’homme de la situation, à ses yeux.

Les partisans ne savent plus quoi penser. Pourquoi feraient-ils confiance à des dirigeants ayant multiplié les mauvaises décisions depuis un an? C’est tout un acte de foi qu’on leur demande.