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Le cauchemar éveillé d'enfants de migrants qui dorment depuis des années...

Le cauchemar éveillé d'enfants de migrants qui dorment depuis des années...

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«L’enfant est dans un état semi-comateux, une sorte de catatonie. Il a les yeux fermés, les dents serrées, il ne bouge pas, ses muscles n’ont aucun tonus et il doit être nourri à l’aide d’une sonde gastrique. Cet état peut durer jusqu'à trois ans, dans certains cas.»
 
C'est dans un article d’Alexandra Szacka pour Radio-Canada que l’on décrit l’état d’enfants migrants qui, à force de subir des traumatismes psychologiques à répétition tombent endormis pour toujours, ou presque. À se piquer le doigt à répétition sur le rouet de la guerre, leur corps ne répond plus!
 
Ce qui les ramène à la vie? Un sentiment de sécurité, l’amour. Comme le baiser du prince charmant sur la joue de la belle au bois dormant.
 
Cette pathologie se nomme la dissociation ou le syndrome de la résignation.
 
La lecture de cet article a créé chez moi tout un émoi, car j’en ai aussi souffert. Dans une moindre mesure certes, mais il m’arrive parfois d’en subir encore les effets.
 
À l’époque, sans connaître la dissociation, j’expliquais à ma psychologue que j’avais parfois l’impression d’être en dehors de mon corps, que j’étais là, mais pas là. Comme si mon esprit se baladait ailleurs, que mon coeur et ma tête avaient trop de choses à régler.
 
C’était effectivement le cas. À l’époque, en moins de trois ans, j’avais eu mon premier enfant, je m’étais séparée pour aller rejoindre un autre homme qui lui était décédé d’un cancer fulgurant en six mois. Ça faisait beaucoup à «processer» et mon disque dur était plein. Rien de comparable aux souffrances de ces enfants et en effet, mon corps n’a pas réagi aussi fortement. Heureusement!
 
Ma psychologue m’avait révélé à l’époque que la dissociation survient suite à un choc comparable au syndrome post-traumatique des soldats ou des travailleuses du sexe qui doivent pendant plusieurs années, pour se protéger, dissocier volontairement leur corps de leur esprit.
 
Mais qu’en est-il de ces enfants?
 
Traumatisés par la violence et les agressions, ils dorment. Ils ne sont plus capables d’en prendre. Leurs piles sont à terre.
 
Et nous, Occidentaux bien éveillés, debout sur nos deux pattes, on pense à fermer nos frontières, on projette de bâtir des murs, on renvoie des gens dans leurs pays d’origine, lieu de naissance de leurs traumatismes.
 
Nous, les privilégiés, ramenons des gens vers la source de leur souffrance parce qu’on a peur. Peur de l’autre. Une vrai gang de chicken sans compassion. Des poules pas de têtes qui hurlent au secours tout en étant hyper protégées et en sécurité.
 
Dans l’article de Radio-Canada, on mentionne que certaines de ces familles vivant avec la dissociation seront prochainement expulsées de leur terre d'accueil.
 
Imaginez la belle au bois dormant se réveillant dans un autre royaume que le sien, dans un pays en guerre. Le choc! On est loin du conte de fées...
 
Imaginez le réveil de ces enfants.
 
De quoi se rendormir pour toujours.