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La révolution «open mic»

Les soirées «open mic» laissent la place aux humoristes de demain

C’est à l’automne 2015 que le Bordel Comédie Club a lancé ses soirées <i>open mic</i>. Selon Charles Deschamps (sur la photo) ces soirées ont permis aux jeunes humoristes d’avoir du « temps de glace ».
Photo Agence QMI, Dario Ayala C’est à l’automne 2015 que le Bordel Comédie Club a lancé ses soirées open mic. Selon Charles Deschamps (sur la photo) ces soirées ont permis aux jeunes humoristes d’avoir du « temps de glace ».

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Jusqu’à tout récemment, il était très difficile pour un humoriste débutant d’être au programme d’une soirée d’humour. Mais tout a changé avec l’arrivée des soirées open mic, qui acceptent tous les humoristes en herbe... pour le meilleur et pour le pire.

Dès son ouverture, au printemps 2015, le Bordel Comédie Club a été pris d’assaut par des dizaines d’humoristes qui voulaient s’y produire. Parmi les gros noms de la scène se mêlaient des espoirs très prometteurs. Mais les comiques débutants, eux, étaient forcément mis de côté.

C’est pour faire de la place à cette relève toute verte que les propriétaires du club du Quartier latin ont ouvert une première soirée open mic (« micro ouvert » ou « scène libre »), inspirée des comedy clubs américains.

« Aux États-Unis, il n’y a pas d’École nationale de l’humour, dit l’humoriste Charles Deschamps, copropriétaire du Bordel. Là-bas, les open mic servent aux humoristes de la relève pour se former. Certaines personnes pensent que le métier s’apprend autant sur la scène qu’à l’école. »

En lançant leur soirée open mic, les propriétaires du Bordel ont décidé d’accepter toutes les demandes, tant celles des humoristes connus du circuit que celles de monsieur et madame Tout-le-monde qui rêvent de faire un numéro de cinq minutes devant public.

La seule contrainte ? Être âgé de 18 ans. Au plus fort de la popularité de l’open mic, il y avait une liste d’attente d’environ quatre mois. Pour répondre à la demande, l’équipe du Bordel a ajouté une deuxième soirée, le mardi.

Temps de glace

Parmi les dizaines d’amateurs qu’il a vus durant ces soirées, Charles Deschamps a retenu quelques moments mémorables. « Il y a une madame de 82 ans qui est montée sur la scène avec sa marchette. Elle a pris le micro et a dit : j’ai 82 ans, je suis encore capable et pow, elle a fait la split ! C’était l’euphorie dans la salle. »

Même si le succès de ces soirées open mic est peut-être attribuable au phénomène de gong show (« il y a beaucoup de fans d’humour qui trouvent ça drôle de voir du monde se planter »), Charles Deschamps remarque que ces soirées aident énormément les jeunes qui commencent dans le milieu.

« Quand tu sors de l’École de l’humour, si tu n’es pas le Sidney Crosby de ton année, tu as un show par mois ou par deux mois. Avec l’open mic, l’idée était de laisser du temps de glace aux jeunes. »

 

L’École de l’humour a-t-elle encore sa place ?

Christine Morency a renoncé à sa formation à l’École pour poursuivre son expérience dans les soirées d’humour.
Photo courtoisie, Micro Landry
Christine Morency a renoncé à sa formation à l’École pour poursuivre son expérience dans les soirées d’humour.

Christine Morency avait été acceptée à l’École nationale de l’humour, l’automne dernier. Mais elle a décidé de tourner le dos à cette prestigieuse formation, trop occupée qu’elle était par les soirées d’humour. Les futurs humoristes pourraient être de plus en plus nombreux à suivre cette voie.

C’est en voulant roder son numéro d’audition pour l’École de l’humour, dans une soirée open mic, que Christine Morency a été remarquée par des gens du milieu. Rapidement, l’humoriste en herbe de 31 ans a été programmée dans plusieurs soirées d’humour dans la grande région de Montréal.

Après avoir pris plusieurs mois de réflexion, Christine Morency a décidé de renoncer à la formation humoristique, et à son coût d’inscription de 15 000 $, pour continuer son travail sur le terrain. « C’est sûr que j’ai des choses à travailler, mais je peux le faire avec des cours du soir. C’est du travail constant. »

Accélérateur incroyable

Directrice générale de l’École nationale de l’humour, Louise Richer s’est elle-même questionnée sur la pertinence du programme, qui fête ses 30 ans cette année.

Louise Richer a fondé l’École nationale de l’humour il y a 30 ans.
Photo Agence QMI, Ghyslain Lavoie
Louise Richer a fondé l’École nationale de l’humour il y a 30 ans.

« J’ose croire qu’on est encore utile, dit-elle. L’école, c’est un parcours où tu vas à la découverte de toi-même. Ça demeure un accélérateur incroyable, un espace à la fois de création et de réflexion sur ton style. »

« On parle d’humour sur scène, mais à l’école, on touche à tous les contextes où les étudiants peuvent évoluer, que ce soit la télé, l’imprimé, la publicité, la radio et la scénarisation. »

 

L'École de l'humour ou les bars?

Parmi la jeune génération d’humoristes, plusieurs qui connaissent du succès sont passés par l’École nationale de l’humour. Mais d’autres ont fait leurs classes dans les bars et diverses ligues d’improvisation.

Ils ont fait l’École nationale de l’humour :

  • Rosalie Vaillancourt (2015)
  • Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques (2015)
  • Jay Du Temple (2013)
  • Katherine Levac (2013)
  • Mehdi Bousaidan (2013)
Jay Du Temple
Photo d'archives, Éric Carrière
Jay Du Temple
Mehdi Bousaidan
Photo d'archives, Sébastien St-Jean
Mehdi Bousaidan

Ils ont fait leurs classes dans les bars :

  • Mariana Mazza
  • Julien Lacroix
  • Virginie Fortin
  • Yannick de Martino
  • Arnaud Soly
Mariana Mazza
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés
Mariana Mazza
Virginie Fortin
Photo d'archives, Toma Iczkovits
Virginie Fortin