/opinion/columnists
Navigation

Souverainistes ou sadomasochistes?

Coup d'oeil sur cet article

Richard Martineau dit que notre vie politique fait penser à une bande dessinée.

Pour moi, elle évoque certains de mes films favoris.

Voyez la tragicomédie du Bloc.

Claude Villeneuve notait que les pitreries de Justin Trudeau, l’anonymat d’Andrew Scheer et la religiosité exubérante de Jagmeet Singh ouvraient peut-être une fenêtre pour le Bloc.

Débandade

C’était sans compter sur Martine Ouellet, véritable naufrageuse, qui s’est autoéjectée du PQ et a semé la bisbille partout où elle est passée.

Martine Ouellet
Photo Agence QMI
Martine Ouellet

Elle voulait tellement être chef d’un parti qu’elle s’est retrouvée chef d’une particule : personne ne voulait la direction du Bloc, sauf elle.

Sa rigidité rappelle l’infirmière en chef, « Miss Ratched », autoritaire et manipulatrice, dans Vol au-dessus d’un nid de coucou.

La différence est que, contrairement aux aliénés de l’hôpital psychiatrique, ses députés peuvent partir, et la majorité vient de le faire.

J’aurais souhaité au Bloc un décès moins lamentable.

Vous connaissez L’âge des ténèbres, bijou glauque de Denys Arcand sur ce que le Québec est devenu ?

On y trouve le couple qui n’a plus rien à se dire, les ados qui troquent la vie réelle pour la vie virtuelle, l’obligation d’être « festif », la perte des idéaux, un État qui a versé dans le totalitarisme « soft ».

Ma scène favorite est celle où le thérapeute (Christian Bégin), mandaté par « Humour Québec », une société d’État, veut remotiver les fonctionnaires en leur enseignant à rire.

C’est férocement drôle et férocement triste.

Quand je vois la collision frontale au PQ pour l’investiture dans Pointe-aux-Trembles, je retrouve le choix cruel que m’offre Arcand : rire ou pleurer.

Maxime Laporte incarne cette jeunesse que le PQ doit reconquérir et dispose de solides appuis.

Le retour de Jean-Martin Aussant est une bonne nouvelle pour un PQ qui ne croule pas sous les bonnes nouvelles.

Jean-Martin Aussant
Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS
Jean-Martin Aussant

Très légitimement, il veut se présenter près d’où il habite. Mais le PQ n’a presque rien à lui offrir d’intéressant sur l’île de Montréal.

Les circonscriptions de Laval, où le PQ était jadis compétitif, sont maintenant d’un rouge profond ou penchent vers la CAQ. Sur la Rive-Sud, ce n’est guère mieux.

Les deux candidats mériteraient chacun une bonne circonscription.

Ce n’est pourtant pas comme si le parti avait une abondance d’excellentes candidatures en réserve dans la région métropolitaine.

Blâmer qui ?

L’affrontement Aussant-Laporte ne sera pas « rassembleur », oubliez ça, il sera déchirant. Comme si le PQ avait besoin d’un autre psychodrame !

Maxime Laporte
PHOTO COURTOISIE
Maxime Laporte

Laissez faire « l’exercice démocratique » et dénouez l’impasse avant !

Pendant que les fédéralistes rigolent, les souverainistes pratiquent le sadomasochisme au grand jour.

Ils blâmeront qui s’ils mangent une autre volée ? Le peuple qui ne comprend pas ?

C’est peut-être Denys Arcand qui a raison : comment ne pas être désabusé ?