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Barré-Boulet: À n’y rien comprendre

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Photo Daniel Mallard Le patron du recrutement chez le Canadien Trevor Timmins a un fort penchant pour les joueurs universitaires américains.

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Le Canadien vient-il de rater un autre Jonathan Marchessault ou un autre Yanni Gourde? La question s’impose à la suite de la mise sous contrat d’Alex Barré-Boulet par le Lightning de Tampa Bay.

Chose certaine, les décideurs du Tricolore ont manqué une belle occasion de se faire du capital en cette saison désastreuse.

Qu’est-ce qui les a motivés à ne pas donner une chance au premier marqueur de la Ligue junior majeur du Québec?

Un ancien recruteur de la LHJMQ, qui est toujours actif dans le milieu du hockey, m’a dit ce qui suit au sujet de Barré-Boulet : «Il possède un sens du hockey au-dessus de la moyenne et des mains habiles.

«Son coup de patin est ce qui a retardé sa progression. Il manquait de force physique aussi. Il a fait beaucoup de rattrapage à ces deux chapitres. Il travaille pour améliorer son coup de patin et il trime dur en gymnase. S’il continue dans cette veine, il pourra aspirer à jouer dans la Ligue nationale un jour.»

Ça veut dire qu’il s’est pris en main et qu’il s’est forgé un caractère.

N’est-ce pas des qualités que l’on recherche chez un jeune joueur?

Avoir l’âme d’un vendeur

J’ose croire que Donald Audette, qui suit les activités de la LHJMQ dans son rôle de recruteur chez le Canadien, a eu de bons mots pour Barré-Boulet auprès de ses patrons.

J’ai tenté de le rejoindre jeudi, mais en vain. Je m’y attendais un peu. Les recruteurs ne parlent pas sur la place publique. Mais selon ce qui m’a été rapporté, le Canadien n’a pas fait d’offre au porte-couleurs de l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Audette est-il en cause?

Difficile à dire.

Par contre, il y a lieu de se demander si Audette et son collègue Serge Boisvert bénéficient d’une oreille attentive auprès de leur patron, Trevor Timmins.

Le Tricolore n’a repêché aucun joueur de la Ligue junior majeur du Québec au cours des deux dernières années. Qu’ils soient francophones, anglophones ou européens.

Que se passera-t-il en juin?

Cette situation est anormale et incompréhensible, particulièrement en ce qui a trait aux joueurs francophones. Les joueurs de la LNH ont beau provenir de plusieurs pays, il est insensé que le Canadien n’accorde pas plus d’importance aux jeunes évoluant dans son marché.

Avec ce dernier épisode, son équipe de recrutement se retrouve plus que jamais sur la sellette. Il faudra voir comment elle se servira de ses dix choix au repêchage de juin alors que ses six premiers choix seront répartis dans les trois premières rondes.

Le journaliste Bob McKenzie, du réseau TSN, qui jouit d’une bonne crédibilité en la matière, plaçait cinq joueurs francophones de la LHJMQ parmi ses 80 premiers espoirs dans son classement de la mi-saison.

Ces joueurs étaient le joueur de centre Joe Veleno au 16e rang ; Benoît-Olivier Groulx, lui aussi un centre, au 28e rang ; l’ailier gauche Gabriel Fortier en 69e place ; ainsi que les défenseurs Nicolas Beaulieu et Xavier Bernard aux 70e et 79e rangs.

Pas juste la NCAA

Pour revenir à Timmins, on aura remarqué qu’il a un fort penchant pour les joueurs des rangs universitaires américains (NCAA). Comment expliquer alors qu’il ne s’intéresse pas aux anciens joueurs juniors qui se recyclent au niveau universitaire canadien?

Mon ancien collègue du Journal Serge Vleminckx, qui continue à suivre les activités du sport étudiant par l’entremise de sa page Facebook, publiait ces derniers jours un texte traitant de l’évolution de Francis Beauvillier et de Charles-David Beaudoin avec le Moose du Manitoba, de la Ligue américaine.

Deux anciens de la LHJMQ, Beaudoin est passé par les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières et Beauvillier par les Varsity Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick.

L’entraîneur en chef du Moose, Pascal Vincent, un autre ancien de la LHJMQ, raconte que ses adjoints Éric Dubois et Marty Johnston ont fait leurs devoirs sur les deux joueurs. Les deux sont sous la supervision de Dubois, entraîneur des défenseurs du Moose dont le fils Pierre-Luc a fait le saut avec les Blue Jackets cette saison. L’avenir dira si Beaudoin et Beauvillier aboutiront dans la Ligue nationale, mais rappelons-nous des cas de Charles Bourgeois dans les années 1980, d’Éric Messier qui a remporté la coupe Stanley avec l’Avalanche du Colorado en 2001 et plus récemment de Mathieu Darche.

C’est sans parler de l’histoire de Martin Saint-Louis.Y a-t-il quelqu’un à l’écoute au Centre Bell?