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Contrat du Lightning à Alex Barré-Boulet: pas d’excuse pour le Canadien

 Alex Barré-Boulet.
Photo Sébastien St-Jean Alex Barré-Boulet.

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On peut soulever plusieurs arguments au sujet d’Alex Barré-Boulet.

C’est un « petit » joueur de centre. Il domine les marqueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec parce qu’il a 20 ans, qu’il évolue dans la ligue depuis quatre saisons, par conséquent, ses performances ne devraient pas étonner.

Évoluera-t-il un jour dans la Ligue nationale ?

Si oui, quand ? Dans deux ans, dans quatre ans ?

Sauf que le Canadien n’a pas d’excuse pour expliquer qu’il a fait chou blanc dans son cas. Pis encore, il vient encore une fois de faire un pied de nez au hockey québécois.

C’est à croire qu’on se fout éperdument du produit de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. On préfère regarder ailleurs et, pourtant, dans sa propre cour, au fil des ans, des joueurs comme Ondrej Palat et Mike Hoffman ont été ignorés.

Nikita Kucherov, repêché la saison précédente alors qu’il évoluait en Russie, a joué à Québec et à Rouyn-Noranda.

Je veux bien croire que le repêchage n’est pas une science exacte, mais est-ce une raison pour ignorer les joueurs québécois et ceux qui évoluent dans la LHJMQ, laissés sur la touche par les recruteurs ?

Gourde, Marchessault...

Yanni Gourde dominait la Ligue junior majeure du Québec, c’était un joueur dynamique. Pourquoi se retrouve-t-il à Tampa Bay ?

Jonathan Marchessault est un joueur qui a rapidement fait sa marque une fois que le Lightning de Tampa Bay l’a embauché, il y a quelques années. Maintenant avec les Golden Knights de Vegas, après un séjour d’une saison en Floride avec les Panthers, il est l’un des joueurs les plus importants de cette nouvelle concession.

Pas droit à l’erreur

Il y a plusieurs années, à l’époque où Serge Savard tenait les guides de l’organisation, il n’était pas question de laisser passer un joueur québécois ou un produit de la LHJMQ. Soit par le repêchage ou soit par le marché des joueurs autonomes. Savard insistait auprès de ses recruteurs d’être très vigilants. C’est pourquoi ils passaient des heures et des heures à épier les patineurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Il est donc inacceptable que le Canadien observe Gourde, un joueur de centre à sa première saison dans la ligue, accumuler les points et être le deuxième meilleur patineur du Lightning au chapitre des plus et des moins.

À cet égard, ne devrait-on pas baisser la tête et s’interroger sur le travail du département en charge du repêchage ? Palat a évolué à Drummondville, ainsi que Mike Hoffman.

Mais, revenons aux joueurs québécois. Si cette organisation avait démontré de la clairvoyance, du jugement, si elle avait manifesté un intérêt particulier pour le marché dans lequel elle évolue, sous l’ancienne administration, celle du début des années 2000, on n’aurait pas échappé des joueurs comme Patrice Bergeron, choisi en deuxième ronde, et Claude Giroux, à qui on a préféré David Fisher, qui évoluait avec la formation de Apple Valley High School. Vous connaissez Fisher ?

Et à Laval ?

On pourrait toujours aborder le sujet qu’il n’est pas dit que les joueurs québécois ont tous le talent pour évoluer dans la Ligue nationale. C’est vrai, mais doit-on ne pas prendre des risques ?

Et que fait-on avec le programme de développement ? Les résultats des dernières années alors que la concession de la Ligue américaine rate les séries éliminatoires à chaque saison ou presque, que fait-on pour corriger cet état de fait ?

Rien du tout.

Les bonnes organisations sont celles qui prennent des risques, qui mettent beaucoup d’emphase sur le développement des patineurs, qui sont constamment aux aguets dans le but de dénicher des jeunes joueurs ignorés pour différentes raisons par les recruteurs.

Le Lightning à l’affût

Le Lightning de Tampa Bay prête une attention de tous les instants au hockey québécois, mais cela ne l’empêche pas d’être à l’avant-garde au niveau de la Ligue canadienne. N’a-t-il pas pris une chance dans le cas de Tyler Johnson, qui évoluait dans l’Ouest. Voyez maintenant les résultats.

Hier, le Lightning a pris un risque. Alex Bourré-Boulet n’a pas été sélectionné sûrement en raison de son gabarit. Mais, on confiera assurément un poste au joueur de l’Armada avec la formation de Syracuse où l’attendra l’excellent entraîneur Benoit Groulx. Entre vous et moi, n’aurait-il pas été un solide candidat pour le Rocket de Laval ?

C’est un peu ça le Canadien d’aujourd’hui. On parle d’un plan, quel est ce plan ? Geoff Molson n’avait-il pas affirmé que son homme de confiance, Marc Bergevin, avait dressé un modèle d’affaires pour parer à toute éventualité ?

Des suggestions

Pourrait-on avoir quelques suggestions incluses dans ce plan ?

A-t-on songé aux joueurs évoluant sur le territoire ? A-t-on songé à un programme de développement plus poussé ? A-t-on songé à être un leader sur le marché québécois ?

Actuellement, celui qui attire toute l’attention à l’échelle du hockey de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, celui qui donne de l’espoir aux joueurs québécois, c’est Julien BriseBois, directeur général adjoint du Lightning de Tampa Bay.

BriseBois était un très sérieux candidat au poste de directeur général quand Pierre Gauthier a été licencié.

On lui a préféré Marc Bergevin en raison des années passées à Chicago où il a eu l’occasion de parfaire ses connaissances. Depuis l’embauche de Bergevin, BriseBois s’occupe de dossiers très importants pour le Lightning de Tampa Bay. Sa polyvalence sert à merveille Steve Yzerman.

Si jamais le Canadien l’invite à passer une autre audition, qui sait ce que l’avenir réserve, on ne pourra sûrement pas revenir sur les arguments du passé. BriseBois a fait ses preuves... et avec très grande distinction.

Une déclaration de P.K....

Je retiens cette déclaration de P.K. Subban, qui en 2007, fut l’un des trois joueurs de premier plan recrutés par le Canadien, de loin la meilleure année à ce chapitre. Les deux autres étant Ryan McDonagh et Max Pacioretty. Un seul est toujours avec l’équipe... mais il semble que ce n’est qu’une question de temps avant qu’il se retrouve ailleurs.

Donc, qu’avait déclaré Subban, il y a un mois. « Montréal est une ville formidable pour le hockey. Formidable et particulière. Mais, il faut des hommes forts pour voir aux opérations quotidiennes de l’équipe... »

Et P.K. a souri...