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Incendies inhumains

L’œuvre de Wajdi Mouawad revivra sur les planches du Trident

Véronika Makdissi-Warren, Nathalie Séguin et Lise Castonguay interpréteront Nawal à différents moments de sa vie.
Photo Jean-François Dégagnés Véronika Makdissi-Warren, Nathalie Séguin et Lise Castonguay interpréteront Nawal à différents moments de sa vie.

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Lise Castonguay, Véronika Makdissi-Warren et Nathalie Séguin se souviennent encore très bien des émotions ressenties au contact de la pièce Incendies. Elles vivront maintenant cette aventure de l’intérieur en personnifiant Nawal, une femme victime des horreurs de la guerre, à trois époques de sa vie.

Présentée au Carrefour international de théâtre en 2006 et 2010, l’œuvre de Wajdi Mouawad, adaptée au cinéma par Denis Villeneuve, revivra, à partir de mardi, sur les planches du Trident.

Incendies raconte l’histoire de Jeanne et Simon Marwan, qui, à la suite de la lecture du testament de leur mère, Nawal, se lancent à la recherche d’un père qu’ils croyaient mort et d’un frère dont ils ignoraient l’existence. Une quête révélatrice, troublante et bouleversante et qui aborde les effets de la guerre sur les êtres humains.

Finissante de la cohorte 2016 du Conservatoire d’art dramatique de Québec, Nathalie Séguin avoue avoir été marquée par cette pièce qu’elle a vue à Sherbrooke à l’âge de 17 ans.

« C’est le premier chef-d’œuvre que j’ai vu. Incendies a alimenté mon désir de faire du théâtre. C’est une pièce qui a marqué mon imaginaire et qui a allumé le feu de la passion », a-t-elle indiqué, lors d’une rencontre réunissant les trois Nawal.

La Nawal de Nathalie Séguin, qui a 14 ans, est amoureuse de Wahab. Elle attend un enfant de lui. Ce qui n’est pas très bien vu, à cet âge, dans le Moyen-Orient de cette époque.

« À 19 ans, après avoir appris à écrire, lire, compter et penser, elle part à la recherche de son fils, qu’elle a été forcée d’abandonner, en compagnie de son amie Sawda », a-t-elle raconté.

Survivre à la souffrance

Véronika Makdissi-Warren campe une Nawal âgée de 40 ans et prisonnière d’un conflit qui se déroule dans un pays fictif.

« Elle travaille dans un journal et elle essaie de faire changer les choses. Elle est en survie et elle décide d’aller au bout de ses convictions. Un engagement va l’amener à l’horreur totale et tout ce qu’il y a de pire dans toutes les guerres », a ajouté la comédienne, dont la mère est Libanaise.

Lise Castonguay joue la Nawal de 60 ans. Celle qui a survécu à la guerre, qui s’est expatriée, qui a eu deux enfants et qui est toujours habitée par ce désir de retrouver son premier enfant.

« C’est une femme, avec toute la souffrance vécue, qui cherche à se reconstruire. On fait quoi avec un corps et une vie dévastée ? On se reconstruit de quelle façon ? Nawal est face à ça », a-t-elle laissé tomber.

Incendies, précise-t-elle, est une histoire qui l’a bouleversée et qui l’a chavirée.

« C’est une histoire terrible et qui nous dépasse. C’est une tragédie moderne et qui, comme on le voit en ce moment en Syrie, se passe tous les jours. Nos petits problèmes ne sont tellement rien comparativement aux gens qui transportent leurs enfants morts. Nous sommes tellement dans la ouate. On ne peut s’imaginer ce genre de chose », a-t-elle fait remarquer.


Incendies est présenté du 6 au 31 mars à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec.