/travel/destinations
Navigation

La Rampa et Calle 23: la «Main» de La Havane

Le début de la Rampa, face au Malecon.
Photo courtoisie, Jacques Lanctôt Le début de la Rampa, face au Malecon.

Coup d'oeil sur cet article

Elle divise carrément la ville en deux, du moins le quartier animé du Vedado. À gauche, la colline universitaire et ses facultés. À droite, l’hôtel Nacional, le Capri, la Coppelia, le cinéma Yara, le Focsa, les bureaux de la télévision nationale, des restaurants, des marchés, ses rues en quadrilatère qui déboulent jusqu’à la Place anti-impérialiste et l’ambassade américaine.

De jour comme de nuit, la Rampa est très souvent le point de départ de l’aventure. On y vient pour flâner dans un des nombreux parcs, pour manger une crème glacée au fameux parc de la Coppelia, ouvert en 1966 et immortalisé par le film Fresa y chocolate, pour draguer en groupe, pour magasiner dans les boutiques attenantes à l’hôtel Habana Libre, cet ancien Hilton inauguré en 1958 et nationalisé dès le début de la Révolution, pour s’asseoir à l’une des nombreuses terrasses, pour voir un film dans un des quatre ou cinq cinémas qui y ont pignon sur rue, depuis le Malecon (front de mer) jusqu’à la rivière Almendares.

La montée de la Rampa peut s’avérer un bon exercice physique, surtout sous le chaud soleil, et il ne faut pas hésiter à marquer une pause pour se désaltérer dans les buvettes, bars et terrasses. De plus, des zones Wi-Fi sont disséminées le long du parcours, ce qui permet de se brancher au reste du monde. Chemin faisant, on s’arrête à la « feria », une foire permanente d’artisanat à ciel ouvert.

À la hauteur de la rue L, où se dresse l’hôtel Habana Libre, de biais avec le cinéma Yara et la Coppelia, la calle 23 devient plane et vous pourrez poursuivre votre ballade d’un pas plus allègre. Une centaine de mètres plus loin, au coin de la rue J, vous pourrez admirer, dans un petit parc, l’impressionnante sculpture métallique d’un Don Quichotte nu, assis sur sa Rossinante qui se cabre dans le ciel havanais.

La sculpture de Don Quichotte.
Photo courtoisie, Jacques Lanctôt
La sculpture de Don Quichotte.

Œuvres dans le trottoir

Peu semblent y prêter attention, mais les trottoirs, entre la rue Infanta, tout près de la cascade au pied du promontoire de l’hôtel Nacional, jusqu’à la rue J, sont décorés d’œuvres d’art en granit intégral exécutées par des artistes cubains de renommée internationale, dont René Portocarrero et Wifredo Lam, auxquels avaient fait appel les dirigeants de la Révolution naissante.

Wifredo Lam sur le trottoir de la Rampa.
Photo courtoisie, Jacques Lanctôt
Wifredo Lam sur le trottoir de la Rampa.

 

Avec le temps, ces quinze œuvres originales, encastrées dans des bordures de bronze et reproduites cent quatre-vingts fois, se sont détériorées, et leur restauration pose aujourd’hui un sérieux problème au conservateur de la ville, Eusebio Leal, chargé de la restauration de la Vieille Havane, mais aussi de ses principaux sites d’intérêt, menacés par le passage du temps et le manque d’entretien. Des milliers de personnes, Cubains et touristes, foulent aux pieds chaque jour ces œuvres d’art qui auraient bien besoin d’amour.