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Le sommet du G7 n’est pas un cadeau

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Accueillir les grands leaders du G7 ça coûte extrêmement cher au pays hôte. Aux 606 millions $ que le gouvernement de Justin Trudeau prévoit dépenser pour organiser le Sommet du G7 au Manoir Richelieu de La Malbaie, il faut s’attendre à ce que le gouvernement du Québec et les villes impliquées fassent grimper la facture de plusieurs autres dizaines de millions de dollars.

C’est le prix à payer pour recevoir chez soi les sept chefs d’État du G7 et leurs délégations de 3200 personnes, 3000 journalistes, les 16 pays africains invités et leurs délégations de 12 000 personnes, etc.

Manifs

À ces dépenses d’organisation du prochain « grand party » du G7 en sol québécois, les 8 et 9 juin, s’ajoutera fort possiblement une facture pour... les dommages matériels liés aux inévitables manifestations qui auront lieu avant et pendant l’événement.

La tenue d’un Sommet du G7 attire systématiquement des milliers de manifestants qui en ont ras le bol de voir les sept grands leaders du monde se rassembler pour promouvoir des grandes priorités qu’ils ont bien souvent de la difficulté à mettre concrètement en place.

Côté manif, on garde un très mauvais souvenir du sommet du G20 de 2010, qui s’était tenu à Toronto, à l’époque du gouvernement Harper. Ce sommet laisse le souvenir d’une vive turbulence, marquée par des arrestations de masse et des cas de violence policière.

Évidemment, personne ne souhaite de la casse. Le bras droit de Justin Trudeau dans l’aventure du prochain sommet du G7, soit le sous-ministre Peter Boehm (également qualifié de sherpa du Sommet du G7), croit qu’il est possible de prévenir les débordements.

« Dans le passé, lors de grands rassemblements, il y a aussi eu des infiltrations d’éléments moins désirables qui ne souhaitent pas exprimer une opinion ou entendre d’autres opinions, mais qui veulent créer le chaos. Alors, du côté de la sécurité, nous serons assurément prêts pour y faire face », a-t-il précisé­­­.

Coût de la sécurité

Et c’est ce qui explique pourquoi les plus grandes dépenses d’organisation du Sommet du G7 sont allouées au volet sécurité, soit 400 millions, dont 259 millions par la Gendarmerie royale du Canada, 99 millions par la Sécurité publique, 35 millions par l’entremise de la Défense nationale, etc.

La Sûreté du Québec et les corps policiers des villes impliquées dans les activités entourant le Sommet du G7 font également partie de la force policière.

La mission Santé du G7 est assurée par la « mobilisation régionale pour le Sommet du G7 », comprenant le CIUSSS de la Capitale-Nationale, le CHU de Québec et l’IUCPQ.

Ces dépenses locales pour la sécurité et la santé seront remboursées par le gouvernement fédéral.

Question : Justin Trudeau était-il obligé d’organiser le Sommet du G7 de 2018 ?

Eh bien oui ! Il faut savoir que les États membres du G7 en assument la présidence annuelle à tour de rôle, dans l’ordre suivant : le Canada­­­, la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon et l’Italie.

Voilà pourquoi, cette année, on recommence­­ le cycle avec le Canada.