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L’histoire se répète

Le Petit Arturo se veut une pièce interactive haute en émotions.
Photo courtoisie Pas de panique Le Petit Arturo se veut une pièce interactive haute en émotions.

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C’est une création librement inspirée de La résistible ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht qui prendra l’affiche dans quelques jours au Centre Segal. Le Chicago des années 30 fera place, par moments, à des références contemporaines, en sautant d’une époque à l’autre.

Déjà, la pièce originale de Brecht, qui a vu le jour en 1941, se voulait une adaptation de la prise de pouvoir d’Hitler transposée dans le monde du crime organisé, et ce, en superposant certains traits du dictateur totalitaire allemand, figure centrale du nazisme, à ceux d’Al Capone.

Afin de démontrer que l’histoire se répète, voilà qu’une nouvelle transposition vient d’être créée, associée à notre monde contemporain. « L’histoire racontait l’ascension d’Adolf Hitler juste avant d’accéder au pouvoir en Autriche avec toutes les manigances politiques qu’il a faites », rappelle le comédien Frédéric Desager. « On avait transposé l’histoire dans un milieu de gangsters de Chicago. »

Politique et corruption

Ainsi, ce qui ressortira de cette pièce, mise au goût du jour, ce sera principalement la corruption, souvent associée à la politique. « C’est la politique des dix dernières années », révèle le comédien. « Mais c’est aussi l’aperçu de tous les monstres qui sont montés au pouvoir. »

Plusieurs parallèles de la politique d’Hitler à celle d’aujourd’hui seront présentés. « La montée du populisme ainsi que les magouilles politiques du Québec et d’un peu partout dans le monde seront évoquées », précise l’acteur. « Il sera aussi question des fausses nouvelles et de la vitesse à laquelle l’actualité est propagée sur les réseaux sociaux. » La pièce permettra également de constater à quel point certains politiciens manipulent l’information, faisant référence à l’actuel président américain.

La résonance des drames politiques actuels avec ceux d’hier sera, nous dit-on, flagrante.

Théâtre interactif

Un des volets intéressants du spectacle sera sans doute l’aspect interactif. « Les spectateurs seront appelés à voter durant la pièce », annonce Frédéric Desager. Deux finalités ont été préparées, et l’une d’elles sera présentée selon le choix des spectateurs. Ceux-ci voteront à l’aide de cartons de couleurs différentes.

On verra, également, des personnages qui incarneront une troupe de comédiens qui s’adresseront directement au public afin d’expliquer la démarche artistique de Brecht.

En plus de la troupe composée de sept comédiens, qui interpréteront une vingtaine de personnages, s’ajouteront sur scène un musicien et un danseur. Comme la pièce saute d’une époque à l’autre, on aura des costumes des années 30 et d’autres plus contemporains. Côté émotions, on devrait avoir un peu de tout. « C’est aussi une pièce très drôle et très ludique », conclut-il.

Le Petit Arturo

  • Auteur et mise en scène : Ariel Ifergan/librement inspirée de La résistible ascension d’Arturo Ui de Bertold Brecht
  • Distribution : Lucien Bergeron,Éloi Cousineau, Frédéric Desager, Noémie Godin-Vigneau, Frédéric Millaire ­Zouvi, Francis d’Octobre, David-­Albert Toth et Marie-Eve Trudel
  • Du 7 au 29 mars
  • Au Centre Segal