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Projet de tramway: Labeaume n'infirme et ne confirme rien au sujet d'un éventuel tunnel

Tout en mettant en garde contre les «spéculations» sur le projet de tramway à Québec, Régis Labeaume n’a pas cherché à démentir, dimanche, les informations voulant qu’un long tunnel souterrain soit dans les cartons de la Ville.
Photo ANNIE T. ROUSSEL Tout en mettant en garde contre les «spéculations» sur le projet de tramway à Québec, Régis Labeaume n’a pas cherché à démentir, dimanche, les informations voulant qu’un long tunnel souterrain soit dans les cartons de la Ville.

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, n’a pas cherché, dimanche, à démentir les informations voulant que le projet de tramway puisse nécessiter la construction d’un important tunnel sous la colline Parlementaire.

«Je n’infirme pas, je ne confirme pas, je ne dis rien», a martelé le maire à plusieurs reprises lorsque questionné sur ce sujet en marge d’une annonce concernant l’agriculture urbaine, à l’Université Laval.

Selon une source bien informée consultée par Le Journal, un tunnel pourrait être creusé au niveau de la côte d’Abraham et ressortir de terre plus loin en Haute-Ville. Un contact avance également que le projet pourrait coûter plus de 3 milliards $.

Mettant en garde contre les «spéculations», le maire est aussi demeuré muet sur le moment où il souhaite faire l’annonce de son projet de transport structurant. Certains évoquent le souhait de l’administration municipale de procéder avant le budget provincial qui pourrait survenir à la fin mars.

«On travaille extrêmement fort parce que c’est un gros projet et [que] ce n’est pas rien, alors aussitôt qu’on aura la capacité de vous donner une date, on le fera avec plaisir», a déclaré Régis Labeaume.

Le maire a affirmé s’être entretenu récemment avec le ministre des Finances, Carlos Leitao, pour lui faire part de « ses priorités » pour Québec, sans préciser lesquelles. «On a toujours eu un bon accueil», a-t-il dit.

Avis partagés

L’idée d’un tunnel a trouvé écho auprès de l’organisme Vivre en ville, qui avait milité pour un tel passage dans le secteur de la colline Parlementaire lors de la consultation sur la mobilité durable, en juin dernier.

Son directeur général, Christian Savard, rappelle que cette option était déjà mise de l’avant en 2003 dans une étude du Réseau de transport de la Capitale.

«Le centre-ville est le goulot d’étranglement du transport en commun à Québec, il faut juste avoir vécu l’heure de pointe sur la colline Parlementaire pour réaliser qu’il y a un véritable problème [...] donc il va falloir trouver une manière de s’agrandir de l’intérieur», a-t-il plaidé dimanche.

Le conseiller de Cap-aux-Diamants, Jean Rousseau, s’est montré ravi quant à l’éventualité où un tel projet se réaliserait.

«C’est de la musique à mes oreilles, a lancé l’élu de Démocratie Québec. Je trouve ça excitant. Un projet de cette ampleur-là serait une belle reconnaissance des besoins de la ville de Québec.»

Pour sa part, l’ingénieur civil Robert Vandewinkel, qui avait soumis au printemps un concept de métro, souligne que les tranchées qui feraient passer le tramway sous terre, en plein centre-ville, risquent de créer à leur tour des problèmes de congestion.

«Tant qu’à investir, pourquoi ne pas se doter d’un métro sur toute la longueur pour s’assurer qu’on va chercher les gens en banlieue?» demande celui qui travaille pour la firme Arkobold.

Dénivelé important

L’expert signale que le dénivelé important entre la Basse-Ville et la Haute-Ville risque de nuire au passage d’un éventuel tramway. Si l’intention de la Ville de construire un tunnel se confirme, celui-ci pourrait permettre d’atténuer la pente à cet endroit.

De son côté, le cabinet de Jean-François Gosselin, chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec, a décliné notre demande d’entrevue. Le sujet pourrait toutefois rebondir au conseil municipal lundi soir, a-t-on indiqué.

Des réactions

«On considère que c’est un excellent projet et on a hâte qu’il sorte.»

– Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale et membre externe du comité sur la mobilité durable de la Ville de Québec

«On le sait, c’est compliqué de faire un tunnel, ça coûte plus cher (...), mais Québec est une ville assez grosse pour ce genre d’infrastructure-là.»

– Christian Savard, directeur général de l’organisme Vivre en ville