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Des élections à l’italienne

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Avant-hier, les Italiens votaient pour renouveler leur Parlement et se doter d’un nouveau gouvernement.

Rarement une élection italienne aura suscité autant d’intérêt à l’extérieur de l’Italie. Et pour cause.

Immigration

La grande question qui a dominé la campagne électorale était celle de l’immigration massive qui déferle sur l’Italie et plus largement, sur l’Europe.

Dans quelle mesure une société soumise à une pression migratoire écrasante bouleversant les structures sociales peut-elle demeurer vivable ?

Trois blocs s’affrontaient.

Celui qui est arrivé en tête représentait une coalition de droite portant ce refus de l’immigration massive. Mais il n’a pas atteint les 40 % d’appuis nécessaires pour former le gouvernement.

On trouvait aussi dans la course le Mouvement cinq étoiles, un parti populiste baroque critique de l’Europe à travers lequel les Italiens expriment leur rejet des élites.

Enfin, en troisième place, il y avait la coalition de gauche, qui s’est effondrée.

Que retenir de ces élections ? D’abord, que les questions identitaires sont aujourd’hui les plus brûlantes. La diversité imposée de force et sans tenir compte des capacités d’intégration suscite des tensions sociales et radicalise la vie politique.

On ne gagne rien à se détourner des questions identitaires. La peur de devenir étranger chez soi hante la vie politique européenne, et elle n’a rien d’un fantasme irrationnel.

Il faut donner une réponse politique raisonnable à cette inquiétude. Et le multiculturalisme est une mauvaise réponse.

Ensuite, que le décrochage entre l’homme ordinaire et la classe politique s’aggrave partout. Du Brexit à l’élection de Trump, de la poussée des populismes au décrochage civique des électeurs abstentionnistes, tout confirme qu’une mentalité protestataire s’étend en Occident.

Époque

En Europe de l’Est, les partis politiques qui prétendent incarner cette révolte populaire parviennent à se faire élire ou à participer à des coalitions gouvernementales.

Nous changeons d’époque. Nos certitudes de temps de paix se fissurent. La politique redevient tragique.