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La farce grotesque de la lutte aux paradis fiscaux

La farce grotesque de la lutte aux paradis fiscaux
Le Journal de Québec

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Trudeau pense à la classe moyenne, vraiment?

Ben non, Justin Trudeau pense, comme les autres politiciens, en priorité aux intérêts supérieurs et au bien-être de la classe supérieure. Ils donnent des « nananes » à la classe moyenne pour faire distraction. Justin est ricaneux, c’est-à-dire qu’il aime se payer la gueule des gens ordinaires avec son air de gars du peuple.

Le pétard mouillé de sa réformette fiscale

Ah que vous étiez contents lorsqu’en 2017, Justin Trudeau et son ministre des Finances, le multimillionnaire Bill Morneau, ont annoncé bravement qu’ils s’attaqueraient de front à d’odieuses pratiques fiscales utilisées par les fortunés afin de contourner et d’éviter l’impôt à payer comme l’incorporation, les investissements passifs, le fractionnement du revenu, les revenus ordinaires transformés artificiellement en gains en capital, etc. Vous l’avez même applaudi : « Ottawa veut s’attaquer à certaines (pas toutes, juste un petit peu pour ne pas irriter) échappatoires fiscales » (La Presse, 18 juillet 2017).

Comme à l’habitude, les gens puissants et riches sont montés aux barricades, en faisant beaucoup de menaces et de chantage avec, en prime, beaucoup de couverture médiatique et bang, Justin et Bill ont abdiqué à annuler juste quelques vaches sacrées fiscales octroyées aux nantis. Sa réformette fiscale est devenue un pétard mouillé et même noyé : « La réforme manquée de Bill Morneau » et « Réforme fiscale. L’art de noyer le poisson » (Le Devoir, 14 décembre et 27 octobre 2017). La réforme fiscale a pris la direction de la filière 13 et est reportée jusqu’au prochain conseil des ministres qui se tiendra sur... Mars.

Des revenus cachés et pas déclarés

Je le répète, les milliards de dollars envoyés par nos créateurs de richesse et de pauvreté chaque année dans leurs aimables paradis fiscaux ne sont pas déclarés dans leurs déclarations fiscales et ne sont donc pas compilés dans les statistiques fiscales des particuliers et des compagnies. Ça donne alors l’illusion qu’il n’y a pas de riches.

En 2015, les bons gros Canadiens débonnaires ont envoyé la coquette somme de 272 milliards $ dans les paradis fiscaux, dont 187 milliard $ dans les Antilles, souvent des pseudo-pays supposément souverains de moins de 100 000 habitants : « Année record pour l’argent canadien envoyé au soleil » (Le Journal de Montréal, 7 décembre 2018). Et encore plus en 2016 et en 2017, malgré les belles paroles de vos élus. La lutte véritable aux paradis fiscaux est une fable et un mirage.

Ne pas se faire hara-kiri

Vous le savez bien qui sont ceux qui financent les partis politiques, qui les corrompent et qui donnent des jobs payantes aux ex-politiciens? Non, ce ne sont pas les organismes communautaires, écologistes et syndicaux. Alors, il ne faut pas faire preuve d’ingratitude envers nos bienfaiteurs comme dans : « Paradise Papers. Des fortunes de grands argentiers du PLC à l’abri de l’impôt à l’étranger » (Le Devoir, 6 novembre 2017). On en retrouve aussi dans les nouvelles firmes de cannabis : « Les paradis fiscaux financent les firmes du pot canadiennes » (Le Journal de Montréal, 22 janvier 2018). Et comme le hasard fait bien les choses, les nouvelles firmes de cannabis regroupent comme actionnaires plusieurs ex-libéraux fédéraux comme Martin Cauchon, Alan Rock, Chick Rifici et « l’expert » en libre-échange, Pierre Pettigrew : « Un autre ex-ministre dans le pot » (Le Journal de Montréal, 30 janvier 2018). Qui retrouve-t-on aussi comme administrateur de compagnie « poteuse »? Eh ben, attachez bien votre capine, il y a également nul autre que le pur et le gros donneux de leçons aux gauchistes, fidèle ami du patronat, Alain Dubuc, ex-éditorialiste et actuel chroniqueur à La Presse qui préférait toutefois tenir ça mort.

Les libéraux, loin de mettre fin aux paradis fiscaux qui privent les gouvernements de milliards de dollars chaque année, les perpétuent et les encouragent. Pourtant, l’actuel ministre des Finances sait de quoi on parle : « Une société aux Bahamas pour l’ex-firme du ministre Morneau » (La Presse, 9 avril 2016).

Le mensonge libéral de la lutte à l’évasion fiscale

Ah ben, vous m’en direz tant. Voilà-tu pas que le premier ministre Justin Trudeau et la ministre du Revenu Diane Lebouthillier s’énervent le poil des jambes, et ceux en dessous des bras, en prétendant avoir récupéré 25 milliards de dollars qui leur ont filé entre les mains depuis deux ans! Mais il n’y a pas de preuves tangibles et sonnantes. Même que l’Agence du revenu du Canada (ARC) n’est au courant de rien. Ils prennent leurs baratins pour des réalités.

Pas de lanceur au monticule

« Le gouvernement (PLC) boude un lanceur d’alerte important » (Le Journal de Montréal, 26 septembre 2017). Brad Birkenfeld est un ancien employé de la banque suisse UBS, au cœur de gros scandales fiscaux, dont les services ont été retenus avec succès par d’autres pays, mais le PLC n’en veut. Faut pas prendre de chance. Tout d’un coup qu’il sortirait des noms d’amis libéraux ou même des libéraux du placard des paradis fiscaux? Ben non, la stratégie du PLC est de se faire aller les babines, mais pas les bottines comme disait le poète.

Panama Papers : rien, niet et «nothing» au Canada

« Panama Papers : 500 millions récupérés dans le monde, rien au Canada » (Radio-Canada, 9 janvier 2018). Les Panama Papers, une orgie d’évasion fiscale liée aux paradis fiscaux sont rattachés à la fuite de documents du cabinet d’avocats Mossack Fonseca et mise à jour par le Consortium international des journalistes d’investigation. L’Espagne a récupéré à ce jour 156 millions $ et même le petit pays d’Amérique latine de l’Équateur a pu recouvrir 83 millions $, mais le Canada et le fougueux PLC, rien, nada, sweet nothing. Allez, avancez en arrière, y’a rien à voir qu’a dit l’autre poète. Soyez assuré que le PLC va continuer à faire des sparages, des enquêtes, des perquisitions qui vont aboutir à de la zizine, si un jour elles aboutissent.

Bar open et buffet à volonté

Les bonzes canadiens, qui souvent nous prodiguent de judicieux conseils comme celui de moderniser l’État en coupant dans les programmes sociaux, détournent des milliards$ chaque année dans des paradis fiscaux qui souvent ne sont pas de vrais pays. Juste des niches fiscales contrôlées de l’extérieur par les grosses poches. Justin et le PLC ne trouvent rien de mal à ça puisqu’en 2016, ils ont décidé que les fortunés Canadiens qui ont parké leur gros cochon plein de bidous à la Barbade sans payer d’impôt pourraient rapatrier leurs « économies » en franchise d’impôt au Canada : « La Barbade restera un paradis » (Le Devoir, 27 octobre 2016). Voilà un autre transfert ou prestation donné aux sultans et qui rend notre système fiscal plus régressif. Ainsi, ces grosses pointures ont un taux d’impôt réel moins élevé que la classe moyenne et beaucoup moins.

Autre bonne nouvelle pour nos Crésus torturés par l’impôt : « Le Bloc québécois contre les ententes avec des paradis fiscaux » (Le Journal de Montréal, 12 février 2018). Carte blanche accordée aux généreux et philanthropes canadiens qui ont du fric entreposé dans deux petites îles des Antilles qui n’ont de pays que le nom. Il s’agit d’Antigua-et-Barbuda avec son gros 90 000 habitants et Grenade avec ses 105 habitants. Allô pays souverain, libre et démocratique! Chu donc tanné que le monde ordinaire fasse encore et encore l’objet de tant de mépris de la part de politiciens, du patronat et de sa Légion d’honneur composée d’universitaires et d’organismes comme le Fraser Institut, le Conference Board, le C.D. Howe Institut, les HEC de Montréal, l’Institut économique de Montréal, etc.

Votez pour moi et...

Il faut arrêter de niaiser le monde en faisant accroire que les gouvernements partout dans le monde luttent contre l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux. Je vous le promets, si vous votez pour moi, j’élimine les paradis fiscaux en même pas une journée. C’est simple et facile à faire. Premièrement, j’interdis à nos banques canadiennes de faire affaire dans ces paradis fiscaux qui ne pourront plus utiliser notre monnaie, soit le dollar canadien.

Et au nom de la sécurité nationale, je proclame un embargo économique contre ces mêmes paradis fiscaux qui souvent sont une parodie de supposés pays avec moins de 100 000 habitants. Si les pays occidentaux ont souvent proclamé des embargos économiques contre l’Iran, la Russie, la Corée du Nord, Cuba, etc., pourquoi n’en promulguent-ils pas contre les paradis fiscaux? Il faut bien se le dire, les paradis fiscaux, c’est criminel et ça tue vraiment beaucoup de monde dans le monde.