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Isabelle Boulay: droit au coeur

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Les dernières fois qu’on a vu Isabelle Boulay à Québec, c’était soit avec le répertoire de Reggiani, ou dans un spectacle plus grand que nature sur les Plaines. Avec de nouvelles chansons en poche et juste ce qu’il faut d’artifices autour d’elle, c’est avec la vraie Isabelle, aussi authentique et intense qu’elle peut l’être, que le public renouait mercredi.

Après une tournée européenne, Isabelle Boulay était de passage à la salle Albert-Rousseau mercredi avec son tout nouveau spectacle, En vérité, qui sillonne les routes du Québec actuellement.

Un concert où elle raconte en chansons les chapitres de sa vie, de Paris à la Gaspésie en passant par Nashville, et où elle s’incarne entièrement, plus que jamais, dirait-on, à travers les bijoux de chansons qui se trouvent sur son dernier album.

Elle transmet à un public attentif, qui se laisse bercer avec une totale confiance en l’artiste, des émotions brutes puisées au plus profond d’elle-même.

Des ballades et du country

Accompagnée par cinq musiciens sous la direction de Simon Godin, et devant des projections oniriques qui lui servent de décor, l’amoureuse et fiancée a commencé par nous parler d’amour, avec la douce Mon amour et la plus rythmée Toi, moi, nous, cadeaux du complice Benjamin Biolay.

Entre ses histoires d’amour, d’enfance et les hommages aux auteurs et compositeurs qui ont jalonné son parcours, Isabelle Boulay danse, sourit, rayonne.

Jamais assez loin a été une belle prémisse aux plus country Le train d’après (écrite par Alex Nevsky), puis, Nashville (écrite par Cœur de Pirate), toutes deux appuyées par les battements des mains du public.

Assise sur son banc pendant Una storia d’amore, une pièce en italien, la passion amoureuse transcendait son interprétation. Elle est ensuite retournée à ses débuts avec Je t’oublierai, je t’oublierai, une chanson que Luc Plamondon lui avait laissée sur une petite cassette et qui a changé le cours de sa carrière.

On aurait pu entendre une mouche voler tellement le public était suspendu à ses lèvres pendant une version solennelle de Mieux qu’ici bas, en seconde partie de concert.

C’est une interprétation coup de poing, renversante, que celle de Si tu payes un verre, pièce qu’elle a gardée de son spectacle hommage à Serge Reggiani. Sa théâtralité nous a arraché un frisson, et lui a valu des applaudissements soutenus. « Un des plus beaux hymnes à la tolérance que je connaisse », a-t-elle dit.

La puissance n’avait pas baissé d’un cran pour Plein la gueule, après quoi l’artiste a fait un clin d’œil à son adolescence, qu’elle a vécu à Québec, avec Still Lovin’ You, de Scorpions.

Flot d’amour

Après un rappel qui comprenait Entre Matane et Bâton Rouge et En vérité, le public, jusque là un peu timide, attendait simplement la fin pour déverser sur elle un flot d’amour par une grande ovation. « Entend mon cœur qui gronde, 120 fois par seconde », chantait-elle en début de concert. Nous avons entendu son cœur gronder, espérons qu’elle a entendu les nôtres vibrer pour elle.