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Générer ses troubles

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Sébastien Proulx souhaite la création d’un ordre professionnel pour les enseignants et une plus grande contribution de l’école privée pour les élèves en difficulté. Les syndicats d’enseignants s’y opposent fermement. Toutefois, leur inclinaison à noircir le tableau de l’éducation décourage l’engagement professionnel et la fréquentation de l’école publique. Cette attitude des syndicats nourrit, contrairement à leurs aspirations, les appétits pour l’ordre professionnel et l’école privée.

Concurrence syndicale

Les crises internes et les divisions n’ont pas épargné le monde syndical au cours des dernières décennies et ont entraîné une vive concurrence entre les syndicats d’allégeances différentes. Cette concurrence a provoqué un tourbillon de revendications et a amplifié leur posture critique. Pareille situation n’est pas sans effets pervers en considérant que les organisations syndicales multiplient les demandes jusqu’au déraisonnable et allongent la liste de problèmes à l’infini pour paraître plus combatives que le syndicat rival.

Cette rivalité renvoie à la population une image négative de l’éducation publique et un portrait d’enseignants réfractaires à son amélioration. Jusqu’à un certain point, la critique syndicale contribue à l’étiolement de l’éducation publique et pousse des parents à envoyer leurs enfants au privé. La polémique syndicale alimente également le terreau des partisans d’un ordre professionnel qui en viennent à croire que c’est la solution par excellence pour s’assurer d’enseignants compétents. Paradoxalement, les syndicats confortent ainsi les positions libérales et caquistes.

Syndicalisme de propositions

Nous disposons pourtant d’un très bon système d’éducation publique qui se compare avantageusement aux autres pays industrialisés. Cependant, il est perfectible au point où les initiatives de groupes de la société civile pour l’améliorer se sont multipliées dans la dernière décennie.

Pour ne pas être en marge, il urge pour les syndicats de l’éducation de renouer avec un syndicalisme de propositions qui favoriserait l’émergence d’une perception plus positive de l’éducation publique. Cela permettrait d’écarter les solutions contre-productives imaginées en haut lieu.