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L’évaluation physique

L’évaluation permet d’identifier un point de départ complet afin de tracer le chemin jusqu’à la ligne d’arrivée. L’objectif ? La
meilleure performance possible au jour J.
Photo agence qmi, KarlJessy L’évaluation permet d’identifier un point de départ complet afin de tracer le chemin jusqu’à la ligne d’arrivée. L’objectif ? La meilleure performance possible au jour J.

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En pleine semaine de relâche, place à l’évaluation physique ! Un point de départ essentiel pour tracer le chemin à parcourir vers tout objectif...

Il y a quelque chose d’intimidant avec le fait d’être testé et évalué. On veut bien faire. Pourtant, en matière d’évaluation physique, on ne peut pas mal faire. La fréquence, la charge, la durée, la longueur : les chiffres accolés à chaque examen ne représentent pas une note finale où on passe ou on casse.

« L’évaluation physique vise simplement à cerner les points à travailler de façon prioritaire, dit Maxime Godin, kinésiologue à Spécifk Performance. Cela passe par la mesure des déterminants de la condition physique de l’athlète et par la compréhension de ses objectifs. »

L’évaluation permet d’identifier un point de départ complet afin de tracer le chemin jusqu’à la ligne d’arrivée. L’objectif ? La
meilleure performance possible au jour J.
Photo agence qmi, KarlJessy

 

Se laisser le temps sans en perdre

Ce matin, on fait un « état de la situation » avant mon épreuve principale à la fin de l’été : la Spartan Beast, une course à obstacles d’environ 25 kilomètres en sentier qui mettra sur mon chemin plus d’une trentaine d’obstacles. Six mois devant moi, une éternité ou presque.

Maxime rit en m’entendant. « Les athlètes olympiques travaillent sur des cycles de quatre ans. Des cycles d’un an ou deux ans, c’est idéal si on souhaite avoir assez de marge de manœuvre pour aller vraiment plus loin dans sa forme spécifique », explique-t-il.

En six mois, à condition de suivre rigoureusement le plan de match, on devrait arriver à quelque chose, me rassure-t-il. On devine toutefois qu’on laisse bien peu d’options à notre professionnel en se présentant huit semaines avant un marathon sans bagage athlétique préalable.

Outre ne pas prendre le temps, l’autre erreur courante est de s’éterniser à répéter la même recette.

« Le corps s’adapte, dit Maxime. Tous les quatre à six semaines en moyenne, il faut changer le plan pour s’assurer qu’il y ait une progression. »

Et on cherche à améliorer quoi au juste ? La puissance des jambes ? La mobilité scapulaire ? La souplesse des hanches, la vitesse de course ou la hauteur des sauts verticaux ? Impossible de tout travailler en même temps. Pendant qu’on travaille son explosivité, il se peut que l’endurance stagne, voire régresse.

L’évaluation permet d’identifier un point de départ complet afin de tracer le chemin jusqu’à la ligne d’arrivée. L’objectif ? La
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L’heure du bilan

De mon évaluation, j’en tire que le VO2max est excellent, mais le déséquilibre musculaire, évident, et le manque de coordination, préoccupant. L’endurance musculaire est plus importante que la force, l’agilité frôle la nullité absolue et le manque de flexibilité à quelques endroits critiques est problématique. Beaucoup d’information, certaines confirmations d’intuition et quelques surprises : conclusion fréquente post-évaluation, s’il en est une.

« Les athlètes ont bien souvent tendance à sous-estimer leur forme », dit Maxime, se voulant rassurant. La plupart des sportifs ont toutefois l’habitude d’en oublier des déterminants importants. Le menu classique : l’endurance et la vitesse, parfois, la force, au mieux, et rarement, la flexibilité.

L’évaluation permet d’identifier un point de départ complet afin de tracer le chemin jusqu’à la ligne d’arrivée. L’objectif ? La
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Photo agence qmi, KarlJessy

 

« Quand est-il de leur agilité, de leur proprioception, de leur mobilité ou de leur capacité de récupération ? Tout ça se travaille », explique Maxime.

Encore faut-il en être conscient.

Les chiffres d’une évaluation ne mentent pas. Ce qu’on a devant les yeux dépasse l’image que nous renvoie le miroir. Quelles sont nos capacités physiques réelles ? De cette compréhension globale s’orientent des interventions précises et efficaces. Le temps étant une denrée rare, pourquoi ne pas maximiser le retour de chacun de ses efforts ?

Les tests

Lors de l’évaluation, tous les déterminants de la forme physique sont analysés et le raffinement du test dépend de l’objectif de performance de l’athlète.
Photo agence qmi, KarlJessy
Lors de l’évaluation, tous les déterminants de la forme physique sont analysés et le raffinement du test dépend de l’objectif de performance de l’athlète.

 

Chaque centre de conditionnement a sa batterie de tests, selon les préférences de ses professionnels et le profil des athlètes évalués.

En général, une bonne évaluation comprend :

1) Un test de composition corporelle, lors duquel l’athlète est mesuré et pesé. Outre l’IMC, on peut en retirer un pourcentage du gras corporel. Il est alors possible de mieux jauger l’augmentation de la masse maigre (et la baisse de la masse adipeuse).

2) Un test cardiovasculaire (ou autres tests de filières énergétiques). Le VO2max, par exemple, sera une donnée qu’on cherchera à augmenter au fur et à mesure de la préparation.

3) Les tests d’endurance musculaire. En particulier, on s’intéresse à l’endurance du tronc. Une ceinture abdominale solide est la clé pour éviter les blessures en entraînement (et les maux au quotidien).

4) Les tests de puissance. Au saut vertical, jusqu’où on peut aller ? Y a-t-il des disparités entre les deux jambes ? La puissance aérobie maximale (PAM) est aussi un indicateur pratique : quelle est la puissance qu’on est en mesure de développer lorsque la consommation d’oxygène du système cardiovasculaire est à son maximum ?

5) Les tests d’habiletés. La maîtrise de bien des sports implique une technique impeccable. On a bien beau posséder une force explosive, si on n’exécute pas une séquence de sauts fluidement, la perte d’énergie (ou de vitesse) est telle que le résultat sera plutôt ordinaire. On souhaite être le meilleur coureur ? On devrait par exemple faire analyser sa foulée.