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Rapport dévastateur: pas question de changer le mode de rémunération des médecins, dit Couillard

Rapport dévastateur: pas question de changer le mode de rémunération des médecins, dit Couillard
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PARIS – Philippe Couillard n’a pas l’intention de changer le mode de rémunération des médecins, malgré un rapport qui dévoile une baisse importante de la productivité de la classe médicale depuis 10 ans.

«Le paiement à l’acte, malgré tous ses défauts, fait en sorte qu’on a intérêt à voir plus de patients. Alors, si on change le mode de rémunération pour enlever un incitatif à voir plus de patients, on va accentuer le phénomène dont vous venez de me parler», a lancé le premier ministre mercredi, en marge d’une mission en France.
 
Il a indiqué que le mode de paiement des médecins, de toute façon, est «mixte» et non pas seulement basé sur les actes médicaux.
 
Un rapport dévastateur commandé par le Commissaire à la santé – maintenant aboli par le gouvernement Couillard – dévoile que, ces 10 dernières années, le nombre de visites chez les médecins de famille a diminué de 17 %, et de 12 % chez les spécialistes. La fulgurante hausse de rémunération des médecins du Québec, depuis 10 ans, s’est donc soldée par une baisse importante de productivité.
 
Pour les chercheurs, le mode de rétribution basé sur la rémunération à l’acte est au cœur du problème. Le nombre de jours travaillés est également en chute, de 4,5 % chez les omnipraticiens et de 3,1 % chez leurs collègues spécialistes.
 
«On a réussi, entre 2006 et 2015, à doubler l’argent qu’on a investi dans la rémunération des médecins, sans augmenter le volume de services», a constaté l’un des chercheurs qui ont dirigé l’étude, Damien Contandriopoulos, en entrevue avec Le Journal.
 
M. Couillard a toutefois minimisé la portée de l’étude en indiquant que ce phénomène était déjà connu. «C’est le même phénomène. Si vous regardez des articles en 2002, 2003, 2004, on a toujours nommé ce phénomène au Québec», a-t-il dit.
 
M. Couillard s’est d’ailleurs félicité d’avoir rapidement adopté des pièces législatives comme la loi 20, qui «impose des obligations de productivité aux médecins qu’on n’avait jamais obtenues jusque-là».
 
Les paiements de la Régie de l’assurance-maladie du Québec aux médecins sont passés de 3,3 milliards en 2006 à 6,6 milliards en 2015. Philippe Couillard estime que cette hausse a permis «d’arriver à une rémunération équitable pour les médecins», qui souhaitaient obtenir la parité entre leur salaire et celui de leurs confrères de l’Ontario.
 
Il s’est défendu d’avoir favorisé les médecins en suspendant les articles les plus mordants de la loi 20. «Pour les médecins spécialistes, les seules dispositions qui sont pour l’instant retardées sont celles sur les délais de consultation de médecin», a-t-il indiqué.