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Québec s’expose: amusantes catastrophes

Le peintre Martin Bureau propose une série de toiles illustrant «l’idée de la perte»

Le peintre Martin Bureau propose une série de toiles illustrant «l’idée de la perte».
Photo Jean-François Desgagnés Le peintre Martin Bureau propose une série de toiles illustrant «l’idée de la perte».

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Des êtres humains qui s’amusent et virevoltent dans des manèges au beau milieu de la tempête, pleinement conscients, mais insouciants de la trace qu’ils laissent sur l’environnement. Le nouveau corpus d’œuvres du peintre et documentariste Martin Bureau s’inscrit dans la continuité des théories de la catastrophe qu’il explore depuis plusieurs années.

L’exposition Les cycles d’essorage, qui a lieu jusqu’au 1er avril à la Galerie 3, comprend une dizaine de tableaux qui ont pour titre évocateur Anthropocène, un terme pour désigner la nouvelle ère géologique dans laquelle se trouverait l’être humain.

À notre époque, l’impact du passage des hommes domine l’évolution des écosystèmes. La trace de l’humain sur la terre préoccupe Martin Bureau depuis longtemps, un artiste reconnu entre autres pour l’œuvre L’incendie du Parlement, les pochettes d’albums qu’il crée pour plusieurs artistes (Galaxie, Fred Fortin, Tire le Coyote), et ses collaborations avec les Cowboys Fringants.

Oeuvre de l'artiste Martin Bureau
Le peintre Martin Bureau propose une série de toiles illustrant «l’idée de la perte».
Courtoisie

Le temps de notre passage sur terre est trop court, dit-il, pour constater tous les dommages que l’humain laissera derrière lui. « C’est fascinant de voir que notre présence à nous d’une centaine d’années a créé un impact qui va en durer des milliers. »

Des manèges

Dans cette nouvelle série, Martin Bureau a joué avec les lignes pour illustrer « l’idée de la perte, comme un écran qui s’éteint », a exploré pour la première fois les couleurs fluorescentes et l’aquarelle, et a dessiné des glaciers pour résumer l’ère « post-humaine ».

Mais surtout, les manèges se sont taillé une place importante dans ses nouveaux tableaux, tous récents. On y reconnaît le fameux Zipper de Beauce Carnaval, la Grande roue et le Goliath de La Ronde.

Oeuvre de l'artiste Martin Bureau
Le peintre Martin Bureau propose une série de toiles illustrant «l’idée de la perte».
Courtoisie

Devant les toiles, on a l’impression que l’humain est conscient de la trace qu’il laisse, mais qu’il s’en fout. « Ce n’est pas un jugement de valeur pour dire “regardez comment les hommes sont mauvais, sont méchants”, précise-t-il. C’est plus de dire qu’on est conscient de ça, mais qu’on continue de s’amuser. C’est comme ça que l’idée du manège est arrivée. On voit des gens qui s’amusent en pleins ouragans, dans les tempêtes, tandis qu’il y a des vautours au-dessus de leur tête. »

Martin Bureau est aussi connu pour ses documentaires. Son prochain sera consacré aux murs de séparation. Il est allé tourner, entre autres, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Un premier court métrage, Bonfires, qui fera partie du documentaire, a déjà été lancé.


► L’exposition Les cycles d’essorage a lieu jusqu’au 1er avril. La Galerie 3 est située au 247, rue St-Vallier Est.