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Ève-Marie Lortie rend hommage à ses compétitrices en ondes à la radio

Ève-Marie Lortie
Photo courtoisie Ève-Marie Lortie

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L’animatrice du retour au FM93 à Québec, Ève-Marie Lortie, a tenu, en cette Journée internationale des femmes, à rendre hommage aux femmes qui sont ses compétitrices à la radio de Québec.

Elle a aussi souligné un fait plutôt rare, mais aussi une première à Québec: sur cinq radios parlées, trois d’entre elles ont une femme à la barre de leur émission du retour.

«Dans un marché de radio comme Québec, je voulais juste que les gens aient cette réflexion-là aujourd’hui», a-t-elle soulevé.

Ève-Marie Lortie a aussi mis l’accent sur le fait qu’il s’agit du premier 8 mars suivant «la vague de dénonciation des mouvements #moiaussi et #metoo». «Ce n’était pas banal, une femme qui succède à un animateur vedette licencié pour des inconduites», a-t-elle rappelée.

Celle qui anime aussi l’émission matinale Salut Bonjour les week-ends à TVA a également appuyé sur l’importance de la Journée internationale des femmes encore en 2018.

«Le combat n’est pas terminé et je pense que maintenant que la dénonciation pis ce qu’on ne tolère plus en milieu de travail et en société comme harcèlement est vraiment mis de l’avant. Ça, c’est une belle bagarre qui est vraiment gagnée. Les comportements sont dénoncés et ce qu’on disait c’est que les gens écoutent maintenant. Je pense que maintenant, le prochain gros combat, c’est l’égalité salariale. Vraiment! Il y a encore une différence d’environ 25 % dans des milieux de travail particuliers [...] là vraiment, il y a cette bagarre qu’il reste encore vraiment à mener», croit-elle.

Alors que la radio de Québec est en pleine période de sondage Numéris, l’animatrice n’a pas hésité à saluer ses compétitrices.

«Je salue cet après-midi, mes collègues des autres antennes. Catherine Lachaussée, Nathalie Normandeau. Je salue leur talent, leurs personnalités bien différentes, leurs intérêts variés. Je salue la compétition qui nous force à nous surpasser, pas vrai que les femmes ne peuvent pas être solidaires, surtout pas aujourd’hui. Je salue aussi les animatrices des radios musicales qui sont diffusées en ce moment. À toutes, je dis bravo!»

Voici son message en intégralité:

«J’ai quelque chose à vous lire cet après-midi. C’est le 8 mars et j’avais envie de vous dire quelque chose parce que en ouvrant mon ordinateur ce matin, mes amis femmes ont toutes écrit sur l’importance de ce 8 mars 2018. C’est la journée internationale du droit des femmes, la journée de la femme. C’est le premier 8 mars qui suit la vague de dénonciation des mouvements #Moiaussi et #Metoo. Mais je n’ai pas écrit. J’ai plutôt choisi de vous parler dans ce micro cet après-midi. Tu le sais Québec, ta radio est malmenée. Ta radio est souvent critiquée. Ta radio fait la manchette et souvent, avec raison. Mais sais-tu que dans ce marché si particulier, qui est le marché de la radio de Québec, actuellement, il y a trois femmes qui sont à la tête d’émissions du retour dans des radios parlées. Pas banal quand même. J’ose même dire, c’est fort! Je salue cet après-midi, mes collègues des autres antennes. Catherine Lachaussée, Nathalie Normandeau. Je salue leur talent, leurs personnalités bien différentes, leurs intérêts variés. Je salue la compétition qui nous force à nous surpasser, pas vrai que les femmes ne peuvent pas être solidaires, surtout pas aujourd’hui. Je salue aussi les animatrices des radios musicales qui sont diffusées en ce moment. À toutes, je dis bravo! Quand je me suis retrouvée sur cette chaise, il y a à peu près quatre mois, ha! j’ai eu peur! J’ai eu le vertige. Mais, je suis restée. Ce n’était pas banal, une femme qui succède à un animateur vedette licencié pour des inconduites. Interprétez-le comme vous voulez. Moi, je me suis simplement dit: ils veulent de moi comme animatrice. Parfait. Je vais faire mon travail. Je vais bien le faire. Québec, tu m’as envoyé des courriels gentils, des courriels intelligents, des courriels de critiques qui font avancer. Merci. J’ai reçu très peu de méchantes choses. Des hommes qui n’aiment pas des voix de femmes il y en a encore. Il y en aura toujours. Par exemple, je fais une entrevue qui traite de maternité, je me fais dire que le show est rendu trop «girly». J’ai une discussion avec une collègue qui travaille dans un autre média et on échange à la radio que c’est le fun de se parler à la radio ensemble, que ça ne nous était jamais arrivé, poup! Tout de suite un message entre dans la boîte courriel pour dire “Quelqu’un avait raison. Les femmes à la radio, c’est turn off”. Ce n’est rien de grave, tsé, Québec. Surtout, c’est très très très rare comme message parce que Québec, ta relation avec la radio elle fait du chemin et je le sais. Cet après-midi, merci Québec. Hommage aussi à mes collègues autour de cette table qui sont des hommes formidables et j’insiste. Des hommes sur qui je m’appuie pour performer, qui sont extraordinaires. Le combat des femmes, évidemment, n’est pas terminé et c’est avec les collègues masculins qu’on va y arriver. Le mot ensemble, le mot avec est important dans cette phrase. Ce 8 mars 2018, il est spécial pour moi. Je le célèbre comme animatrice à la radio, comme maman, comme présidente de ma compagnie Ève-Marie Lortie inc., je le célèbre comme amie, comme collègue de travail, comme femme fière, intègre, forte et vulnérable à la fois. Parce qu’on veut bien être invincible, mais ce n’est pas le but. De toute façon, moi je ne rentre pas dans le costume de Wonder Woman. C’est ce que j’avais à vous dire cet après-midi en ce 8 mars.»