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Le Taser utilisé en masse par les policiers

Le nombre d’interventions avec cette arme a doublé à Montréal l’an dernier

Malgré la tension électrique de 35 000 volts, on n’a déploré aucun décès au Québec pour les 317 utilisations du Taser en 2016. 
Photo courtoisie Malgré la tension électrique de 35 000 volts, on n’a déploré aucun décès au Québec pour les 317 utilisations du Taser en 2016. 

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À l’heure où la Ville de Montréal souhaite tenir des consultations publiques sur l’utilisation d’armes intermédiaires, les corps policiers de la province déploient massivement les pistolets à impulsions électriques, selon les données obtenues par Le Journal.

Depuis janvier, chacun des 32 postes de quartier sur l’île de Montréal dispose désormais d’au moins un Taser. D’ici la fin du printemps, le nombre d’armes en circulation pour les patrouilleurs seulement sera de 63, dont 19 ciblées au centre-ville.

<b>Marc-André Dorion </b><br />
Commandant
Photo courtoisie
Marc-André Dorion
Commandant

« Ce que l’on veut, c’est donner différentes options de force à nos policiers et l’arme à impulsions électriques en fait partie », mentionne le commandant Marc-André Dorion du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Ce déploiement fait suite aux recommandations du coroner Luc Malouin en 2016, qui avait enquêté sur le décès d’Alain Magloire, abattu par des policiers au centre-ville de Montréal deux ans plus tôt.

Il avait alors déploré l’absence d’armes intermédiaires, dont le Taser, dans l’équipement des agents qui étaient intervenus.

« Ce qu’on enseigne à nos policiers, c’est de travailler en désescalade [au cours d’une intervention], ajoute le commandant Dorion. Si je peux utiliser l’arme à impulsions électriques, c’est évidemment une option plus intéressante que l’arme à feu. »

Projet pilote

Du côté de la Sûreté du Québec (SQ), un projet pilote, lancé en 2016 dans trois régions, débouchera sur l’implantation du pistolet dans presque tous les postes d’ici la fin de l’année.

Ainsi, 151 armes ont été déployées au sein de 75 unités de la SQ au cours de la dernière année, alors qu’il n’y en avait que 32 en 2016, selon les données du ministère de la Sécurité publique.

« L’arme à impulsions électriques ne remplace pas l’arme à feu ou les autres armes intermédiaires pour les policiers, rappelle toutefois le sergent Daniel Thibodeau de la Sûreté du Québec. Cela s’inscrit dans le continuum de l’utilisation de la force. »

Une nette augmentation

Plus d’armes en circulation signifie aussi une plus grande utilisation par les policiers. En 2016, 112 interventions avec le Taser avaient été répertoriées au SPVM. L’an dernier, il y en a eu plus de 220.

« Ce qui augmente, c’est le nombre d’utilisations en mode démonstration. Le nombre de projections, lui, est demeuré stable », soutient le commandant Marc-André Dorion.

Près de 90 % des utilisations au service de police montréalais étaient en mode « démonstration », c’est-à-dire lorsque le policier montre l’arc électrique au suspect sans qu’il fasse contact avec lui.

À la SQ, on parle d’environ 80 % des interventions qui se sont limitées à la démonstration sur 94 utilisations en 2017 contre 16 l’année précédente.

 

Quelques chiffres

  • 206 nombre de fois que le Taser a été utilisé sans contact avec le suspect en 2017 à Montréal
  • 22 nombre d’utilisations en mode projection l’an dernier au SPVM
  • 302 nombre d’armes à impulsions électriques en 2016 dans tous les corps de police du Québec
  • 317 nombre d’utilisations par les policiers du Québec en 2016
  • 0,0012 intensité de la décharge électrique de l’appareil
  • 35 000 voltage de la décharge
  • 0 nombre de décès au Québec depuis 10 ans lié à l’arme à impulsions électriques

Sources : SPVM, École nationale de police du Québec et ministère de la Sécurité publique