/misc
Navigation

Les femmes ont de quoi fêter

Coup d'oeil sur cet article

Aujourd’hui, Journée internationale des femmes, les prédateurs à la Weinstein doivent être tentés de se jeter en bas des ponts ou de se passer la corde au cou. N’est-ce pas à la suite de leur comportement méprisable que les femmes d’Occident ont réussi à faire plus de chemin en cinq mois que depuis 42 ans, année de la proclamation de l’ONU ?

Les femmes du milieu culturel, en particulier celles du cinéma, peuvent s’enorgueillir d’être à l’origine d’un mouvement qui ne devrait pas s’éteindre. Quel que soit le milieu, le mouvement changera à jamais le comportement et l’attitude des hommes à l’égard des femmes. N’ayons pas peur des mots, il s’agit d’une véritable révolution sociale.

Chaque révolution fait surgir des mouvements contre-révolutionnaires­­­ et extrémistes. Jusqu’à maintenant, Dieu merci ! même les machos se terrent et n’osent afficher leurs désaccords. S’ils risquent encore une blague sexiste, c’est sous le manteau, comme un vendeur de drogue. Les extrémistes, par contre, pèsent de plus en plus lourd, usant de toutes les tribunes pour imposer leur jusqu’au-boutisme féministe.

DES REVENDICATIONS RIDICULES

Leur assaut le plus ridicule est celui qu’ils livrent à la langue française. Les radicaux tiennent mordicus à ce que pas un seul mot n’indique de genre. Manon Massé, espérons-le, s’est assez ridiculisée avec son « matrimoine » pour qu’elle l’oublie à jamais. Idem pour Justin Trudeau, qui a vite ravalé son peoplekind par lequel il voulait remplacer le mot mankind.

Malheureusement, la « novlangue » ne cesse de gagner des adeptes. C’est déjà bien assez, me semble-t-il, qu’on puisse obtenir un passeport canadien avec la seule mention « X » pour indiquer son sexe. Facebook, qui n’est pas en reste en matière de « novlangue », offre déjà 50 appellations pour désigner le sexe d’un abonné, en plus des deux appellations traditionnelles.

Mais ce sont là des vétilles en regard de l’insupportable climat de rectitude politique qui s’installe dans toutes les formes d’art, en particulier dans le débat public et dans les médias. Le psychologue et clinicien Jordan Peterson, professeur à l’Université de Toronto, pourrait vous en dire tout un chapitre là-dessus. Depuis la publication de son livre 12 Rules for Life, il est la bête noire de toutes les féministes radicales. L’entrevue qu’il a donnée à Cathy Newman de Channel 4 est à voir sur YouTube.

LES MEILLEURS FILMS ?

Pas besoin de censure officielle. Artistes, écrivains et hommes publics s’autocensurent pour éviter la vindicte qui s’exerce sur les réseaux sociaux, un tribunal populaire sans appel comme au temps de l’Inquisition.

Les conséquences de la course effrénée vers la parité et la diversité sont plus subtiles que l’autocensure, mais non moins inquiétantes. Les deux derniers galas des Oscars l’ont bien démontré. Moonlight et La forme de l’eau étaient-ils les meilleurs films ou ceux qui correspondaient le mieux aux impératifs à la mode ?

Mardi, l’Office national du film a annoncé que la parité qu’on souhaitait atteindre en 2020 était chose faite. En 2017-2018, 47 % des films de l’ONF sont réalisés par des femmes contre seulement 38 % par des hommes. Les autres le sont par des équipes mixtes. C’est un tel renversement de situation qu’on est en droit de se demander si les meilleurs projets ont été choisis ou plutôt ceux qui ont permis à l’ONF, deux ans plus tôt que prévu, de faire cette déclaration triomphale.