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Aéronautique: un secteur en mal d’amour

L’École nationale d’aérotechnique cherche 400 étudiants

Sylvain Lambert,
Photo Francis Halin Sylvain Lambert
Directeur général de l'École nationale d'aérotechnique

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Le numéro 1 de l’École nationale d’aérotechnique a de plus en plus de difficulté à recruter ses étudiants en raison de la mauvaise presse. Entrevue avec son directeur général Sylvain Lambert.

Quelle est l’image que la population perçoit de l’aéronautique ?

Souvent, la perception est très axée sur ce que l’on voit dans l’actualité, notamment les mauvaises nouvelles. On pense à Bombardier ou Aveos. Même si ça fait plusieurs années, ça a frappé l’imaginaire collectif. [...] Il faut rassurer les parents sur le fait qu’il y a de l’emploi. Et il y a de l’emploi qui va rester. Comme c’est une industrie cyclique, c’est souvent inquiétant pour les gens qui veulent aller dans ce domaine-là.

Est-ce facile d’attirer les étudiants dans votre école ?

Non, ce n’est pas facile. On a une capacité de 1300 étudiants chez les jeunes, mais on a à peine 900 étudiants en ce moment. Dieu sait qu’on fait beaucoup d’efforts pour aller dans les écoles secondaires. On fait le tour des régions. On a des gens à temps plein sur le recrutement. Ça ne semble pas facile d’intéresser les jeunes. Ce n’est pas tant les jeunes que les parents. Il y a une question de perception de l’industrie. [...] Les gens ont de la misère à croire que l’industrie va bien.

Est-ce pire aujourd’hui qu’avant ?

On ne peut pas dire qu’il y a une baisse dramatique. C’est sûr que c’est une petite baisse continuelle de quelques pourcentages de points depuis cinq ans. Ça descend tranquillement. En 2001, on a connu une baisse dramatique. On était passé de 1200 à 500, en quelques mois, après les attentats du 11 septembre. Depuis, c’est plus une morosité. On veut renverser le balancier.

D’où viennent vos étudiants ?

La grande majorité sont des Québécois. Il y a environ 10 % qui viennent de l’étranger. Ça vient majoritairement de Montréal et Longueuil. Les gens des régions ne viennent pas beaucoup étudier ici. On aimerait ouvrir la machine. À Sept-Îles, il y a des compagnies d’aviation qui ont besoin de techniciens d’entretien. À Trois-Rivières, il y a une grosse compagnie de maintenance. On ne comprend pas qu’il n’y en ait pas plus de ces régions-là.

Qu’est-ce que le Québec risque de perdre en raison de ce manque d’étudiants ?

Ce qui pourrait être dramatique, dans le pire des scénarios, si on n’en forme pas assez, c’est le risque de délocalisation. C’est le risque de se dire, ces bons emplois-là, on va les offrir à des gens à l’étranger parce qu’ici on n’a pas la main-d’œuvre qualifiée.