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Déception amoureuse à Saint-Côme

Déception amoureuse à Saint-Côme
PHOTO COURTOISIE

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Romancière au succès phénoménal – 13 romans vendus à plus de 500 000 exemplaires – Micheline Dalpé s’est encore une fois inspirée d’une histoire vécue, cette fois à Saint-Côme, dans la belle région de Lanaudière, pour écrire sa nouvelle série, La petite maison du Sixième rang.

Dans le deuxième tome, Rose, tout juste publié, elle nous fait découvrir, grâce à sa plume généreuse et authentique, les hauts et les bas d’une histoire d’amour déçue et une relation difficile, au temps de nos grands-parents et de nos arrière-grands-parents.

Cette histoire est inspirée de la vie d’Irène, une dame formidablement résiliente, à qui ses enfants ont demandé d’écrire sa vie. Et le cahier noirci au crayon de plomb qu’elle leur a un jour remis s’est retrouvé, par bonheur, entre les mains de Micheline Dalpé.

La romancière de Joliette, qui aura 80 ans en mai, s’est courageusement remise à l’écriture après avoir combattu « un méchant cancer », au cours des derniers mois. Écrire lui a fait du bien. « L’écriture, ça m’amuse et ce n’est jamais un travail. Ma mère est morte à 102 ans et moi, je veux vivre jusqu’à 130 ans ! » déclare-t-elle.

Cette histoire est arrivée jusqu’à elle d’une drôle de manière : une jeune femme lui a apporté le cahier de sa belle-mère, qui racontait sa vie. « J’en ai fait deux tomes, finalement. Tous mes romans sont basés sur du vécu. Et tellement vécu que des fois, je me dis : mon Dieu, ils vont dire que c’est pas vrai ! Mais c’est vrai ! »

Elle ne connaissait pas du tout Saint-Côme. « On est allés faire un tour. On est allés au cimetière, on a visité les maisons, on a rencontré du monde. Je vais dans les restaurants et je m’assois proche des vieux. Et je laisse traîner mes oreilles... », partage-t-elle.

Mari irresponsable

Dans cette série, elle raconte l’histoire de Rose, la plus belle fille de la paroisse, qui a eu une déception amoureuse à 17 ans. « Sa mère était très scrupuleuse. C’était un gars de Québec qui était venu faire des ponts dans la paroisse. Il repartait et voulait l’emmener. Sa mère n’a jamais voulu. Elle a finalement rencontré un jeune boulanger qui est arrivé dans la paroisse. Pas méchant, mais irresponsable. Elle va le marier et en voir de toutes les couleurs. »

« Il ne s’occupe pas de sa femme ni de ses enfants. Elle avait mal à un genou qu’elle a traîné après être tombée sur la glace. Ça a mal viré et elle a eu la jambe coupée. Son mari lui a laissé toutes les responsabilités et il est parti se reposer chez son père. C’est elle qui avait besoin de repos. J’étais enragée », évoque Micheline Dalpé.

Pauvreté et aisance

Le couple est allé s’établir dans la maison du Sixième Rang, où Rose avait passé sa jeunesse. Un endroit qu’elle détestait.

« Ils ont vécu dans une extrême pauvreté. Il n’y avait rien à manger et ses voisins, généreux, lui apportaient de la viande. Ce sont eux qui l’ont sauvée de la mort, avec ses petits. Et elle avait des enfants adorables. Plus tard, elle est devenue maîtresse de poste. Dans la vraie vie, ils ont fini dans l’aisance. Je l’ai vue sur des photos : elle était vieille et belle. Elle est morte à 100 ans, une nuit de Noël. Et n’a jamais revu son amour de jeunesse. »

La petite maison du Sixième 
rang, tome 2 : Rose
Micheline Dalpé
Les Éditions Goélette
408 pages
PHOTO COURTOISIE
La petite maison du Sixième rang, tome 2 : Rose Micheline Dalpé Les Éditions Goélette 408 pages