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Quand l’anxiété empoisonne la vie

Marie-Claude St-Laurent joue le rôle d’une jeune femme tourmentée à l’idée de passer le cap de la trentaine.
Photo courtoisie Marie-Claude St-Laurent joue le rôle d’une jeune femme tourmentée à l’idée de passer le cap de la trentaine.

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En raison de la forte croissance du nombre de personnes atteintes de troubles anxieux dans notre société, on a pensé à exploiter le sujet et d’en faire une pièce de théâtre afin de ­porter un éclairage sur ce problème préoccupant. Cette ­création, écrite par Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent, raconte l’histoire d’une jeune femme à l’aube de la trentaine qui souffre d’un profond problème d’anxiété.

C’est principalement en apprenant que deux fois plus de femmes que d’hommes vivent avec des problèmes d’anxiété que les deux auteures ont eu envie d’écrire sur le sujet. Afin de mener à bien ce projet, elles ont étendu leurs recherches sur une période de quatre ans, en collaboration avec le Centre d’études sur le stress humain à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. « Le sujet nous interpellait », confie la coauteure ­Marie-Ève Milot, qui signe également la mise en scène qui prendra place au Théâtre d’Aujourd’hui.

Des chiffres troublants

En analysant les statistiques, on réalise rapidement que le problème est criant. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les cas répertoriés de personnes souffrant de dépression, de troubles anxieux ou d’une combinaison des deux, ont augmenté de pratiquement 50 % ces dernières années. C’est plus de 600 millions de cas répertoriés.

De surcroît, ce sont les femmes qui sont particulièrement touchées. « C’est super tabou d’en parler en société », fait remarquer Marie-Ève Milot, qui amorce une résidence d’auteure de deux ans à la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d’Aujourd’hui.

Le stress, la performance et l’obligation de toujours en faire plus sont quelques-uns des problèmes pointés du doigt. Pour guérir, on tente de trouver des solutions rapides. « Il y a tout le discours sur la médication », souligne la coauteure. « On cherche des solutions faciles en oubliant les ­méthodes alternatives. »

Avoir 30 ans

La pièce s’amorce le jour de l’anniversaire de la protagoniste (Marie-Claude St-Laurent), qui célèbre ses 30 ans. Mais au lieu de célébrer, elle s’enferme chez elle, prise d’une crise de panique. ­Apparemment, avoir 30 ans c’est ­déstabilisant. On s’imagine ce que ce sera d’en avoir 50... « Elle se remet en question », ajoute la metteure en scène.

La jeune trentenaire a du mal à avancer au même rythme que les gens qui l’entourent. « Sa mère est urgentologue », révèle la coauteure. « Elle représente la réussite professionnelle. »

Comme la pièce est bien loin du ­documentaire animal, on pourrait se demander en toute légitimité pourquoi avoir baptisé la pièce Chienne(s).

« On fait référence à celles qui ont la grosse crisse de chienne », précise Marie-Ève Milot en guise de réponse.

Chienne(s)

  • Auteures : Marie-Ève Milot et ­Marie-Claude St-Laurent
  • Mise en scène : Marie-Ève Milot
  • Distribution : Alexandre Bergeron, Louise Cardinal, Larissa Corriveau, Nathalie Doummar, Richard Fréchette et Marie-Claude St-Laurent
  • Du 13 au 31 mars
  • Au Théâtre d’Aujourd’hui (salle intime)