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Avec son 600e but, Ovechkin prouve qu’il a sa place auprès des Richard, Gretzky et Lemieux

Winnipeg Jets v Washington Capitals
AFP

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Hier soir, l’ailier gauche Alex Ovechkin a enfilé son 600e but en carrière à sa 990e partie, un exploit sidérant, surtout lorsqu’on considère l’époque à laquelle il évolue. Explications.

Il est toujours hasardeux de comparer les époques. Tellement de facteurs contribuent à distorsionner les analyses qu’on peut tenter d’en tirer.

Les changements dans la réglementation, les avancées technologiques au niveau des équipements, le nombre de joueurs dû à la popularité du sport en général dans un lieu donné et l’organisation de la pratique professionnelle du sport sont autant de facteurs qui rendent impossible le jeu des comparaisons entre, par exemple, Aurèle Joliat et Jonathan Drouin.

Ce que l’on sait toutefois, au niveau factuel, c’est que l’incroyable numéro 8 des Capitals n’est devenu que le quatrième joueur dans l’histoire de la LNH à atteindre ce plateau avant d’avoir disputé 1000 matchs.

Les autres sont Wayne Gretzky, Mario Lemieux et Brett Hull, trois joueurs d’exception qui ont terrorisé les gardiens de but adverses au cours des années 1980.

On pourrait arguer que les deux premiers sont vraiment dans une classe à part, puisqu’ils ont atteint le cap magique des 600 buts en beaucoup moins de rencontres que le spectaculaire Russe.

En effet, La Merveille n’a mis que 718 parties pour y arriver, tandis que Mario le magnifique l’a fait en 719 rencontres.

Cependant, il ne faudrait pas négliger le fait que ces légendes ont évolué à une époque où il se marquait beaucoup plus de buts que de nos jours.

De la science-fiction

Vérifications faites, à l’époque de Gretzky (1979-80 à 1998-99), ce sont 3,5 buts qui étaient marqués en moyenne par équipe par match.

Dans le cas de Lemieux (1984-85 à 2005-06, moins 4 saisons manquées), ce sont 3,31 buts qu’une équipe marquait par match.

Pour ce qui est de Brett Hull (1986-87 à 2005-06), ce chiffre tombe à 3,12 buts par équipe par match.

Vers la fin de leurs carrières, alors qu’ils étaient moins productifs, Lemieux et Hull ont de plus dû traverser le désert du Dead Puck Era, une époque où le jeu défensif régnait.

La majorité de leurs filets en carrière ont été comptés à la fin des années 80 et au début des années 90, quand la moyenne de buts comptés par équipe par match flirtait avec les 4,00.

Et c’est là qu’on peut saisir toute la portée de l’exploit accompli par Alex Ovechkin.

De son arrivée dans la LNH (2005-06) à aujourd’hui, les équipes ont marqué en moyenne 2,82 buts par match, c’est-à-dire presque un de moins qu’au temps des Gretzky, Lemieux et Hull.

Réussir 600 buts en si peu de temps, dans de telles circonstances, relève presque de la science-fiction.

Pour vous illustrer à quel point ce qu’Ovechkin a réalisé dépasse l’entendement, sachez que le deuxième joueur à avoir compté le plus souvent au cours de la même période (2005-06 à 2017-18) est Sidney Crosby... avec 405 filets.

C’est presque 200 de moins!

Winnipeg Jets v Washington Capitals
Capture d'écran / NHL.com

Parmi les grands

Les détracteurs du joueur de franchise de Washington auront tôt fait de souligner qu’il n’a jamais accompli l’exploit suprême pour un franc-tireur: marquer 50 buts en 50 parties, comme l’avait fait pour la première fois Maurice Richard en 1944-45.

En fait, seuls cinq hockeyeurs ont réussi cette prouesse dans l’histoire de la ligue.

Ils sont: Maurice Richard (1944-45), Mike Bossy (1980-81), Wayne Gretzky (3 fois), Mario Lemieux (1988-89) et Brett Hull (deux fois, dont la dernière en 1991-92).

Cela fait donc presque 30 ans que nul n’a été capable de faire scintiller la lumière rouge 50 fois en 50 matchs.

À 32 ans, il est peu probable qu’Ovechkin ajoute son nom à cette liste d’ici la fin de sa carrière. Non pas par manque de talent, mais tout simplement, comme illustré plus tôt, parce qu’il se marque moins de buts en 2018 qu’en 1981, 1984 ou 1991.

Même dans le temps du Rocket, il s’en marquait près d'un de plus par match (3,68).

Pour toutes ces raisons, Alex Ovechkin devrait faire partie de la discussion lorsqu’il est question du meilleur buteur de tous les temps, au même titre que Gretzky, Lemieux et Richard.

D’ailleurs, s’il poursuit à ce rythme, Ovechkin pourrait remporter un septième trophée Maurice-Richard à l’issue de la saison, ce qui constitue évidemment un record...