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C'est pas parce qu'on est petit qu'on ne peut pas être grand!

Roselyne Chevrette

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*du 11 au 17 mars, c'est la semaine québécoise de la déficience intellectuelle. J'ai donc laissé toute la place à Roselyne Chevrette, auteure de ce billet. 
 
Dans le titre de cet article, le mot «PETIT» prend une certaine forme. Pour moi, ce mot veut souvent dire être faible ou être différent.
 
Nous, les personnes différentes, avons plus de misère à trouver un travail que les autres. Nous avons cependant l’intelligence du cœur et une grande sensibilité souvent comprises comme de la vulnérabilité.
 
Le mot «GRAND» maintenant.
 
Ce sont ces personnes qui trouvent un travail plus facilement. Ils sont plus audacieux et ont un grand réseau social. Ils savent comment s’orienter dans leur choix de carrière parce qu’ils ont étudié. Les grands sont les gens ordinaires. Nous, les PETITS, faisons des stages de travail supervisé pour améliorer notre autonomie, mais avec un salaire moindre qu’une «grande» personne.
 
À l’âge de sept ans, assise à mon pupitre, j’écrivais mon premier poème.

Trente-trois ans plus tard, je vis toujours cette passion! J'ai à mon actif quatre recueils de poésie et je rêve du lancement de mon cinquième qui est en gestation: «Portraits au fil des voyages...»

Lors d’un concert-bénéfice, je me souviens avoir reçu une ovation debout. C'était après avoir récité mon poème «Vivre» au Palais Montcalm avec les élèves de l’école spécialisée L’Envol et les élèves de L’École de violon de ma grande sœur Anne-Hélène Chevrette.

C’est là que Marie Boulanger Lemieux (directrice à l'époque de L’Association pour l’intégration sociale région de Québec) m’a découverte. Elle m’a invitée à devenir leur porte-parole.

Engagement.

Dix ans plus tard, je continue à témoigner pour sensibiliser au secondaire, au Cégep, dans des entreprises et dans divers milieux. De plus, je participe à des entrevues à la radio, à la télévision et en conférence de presse. Je fais aussi partie des membres du CA de l’AQIS.
 
J’écris des articles dans des magazines: la Maison des Adultes de Charlesbourg, L’Équité et celle de l’AISQ. Je m’implique aussi en faisant du bénévolat à plusieurs endroits, notamment dans le groupe spirituel Foi et Lumière dans lequel je suis responsable des fêtes d’anniversaires en fabriquant des cartes pour eux.
 
La danse.
 
Depuis toujours, je vis ma passion pour la danse. J’avais trois ans quand j’ai participé à ma première chorégraphie sur la musique de la comédie musicale de l’orpheline rousse Annie. J’étais très mignonne avec ma robe rouge sous le regard de mon professeur Patricia qui m’intégrait dans son groupe de ballerines sautillantes!

Trente-six ans plus tard, je cours m’acheter des bottes pour un numéro spécial de Gumboots pour la danse folklorique internationale et des chaussures de ballet classique pour la danse créative des productions Entr’actes.

C’est tout un chemin qui passe par le hip-hop, le contemporain, le jazz, les danses sociales, le ballet classique, la Zumba, la danse aérobique et africaine qui aboutit à la danse improvisée Biodanza. La Biodanza me permet d’aller plus loin dans mon contact avec moi et avec les autres pour me rencontrer et me régénérer après une période difficile.

Depuis 10 ans, j’ai mon amoureux Francis avec qui je suis maintenant fiancée.
 
En résumé, j’apporte ma lumière, ma délicatesse, mon courage, ma persévérance ainsi que ma curiosité à mon entourage. Je possède un sens artistique prononcé. Je suis charmante à mes heures et touchante dans mes témoignages.
 
Tout cela, c’est ma contribution à la société !
 
Merci de m’avoir lu.
 
Mes salutations à tous et à toutes,

Roselyne Chevrette