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De nouveaux programmes à l'Université Laval pour répondre à de grands défis de société

Les nouveaux programmes de l'Université Laval viseront à répondre à de grands enjeux de société, comme le décrochage scolaire.
Photo Jean-François Desgagnés Les nouveaux programmes de l'Université Laval viseront à répondre à de grands enjeux de société, comme le décrochage scolaire.

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L’Université Laval veut devenir la première université québécoise à offrir de nouveaux programmes visant à répondre à de grands enjeux de société, comme la lutte aux changements climatiques ou au décrochage scolaire, et misera sur le numérique pour moderniser ses cours.

Voilà quelques-unes des orientations comprises dans son nouveau plan stratégique, lancé mercredi. Une série de mesures visent à mettre «la science au service des collectivités» et la création de nouveaux programmes de formation multidisciplinaires en fait partie. «C’est quoi les grands chantiers d’avenir pour nos collectivités? Où l’université peut-elle faire la différence?» lance la rectrice, Sophie d’Amours.

L’Université Laval veut faire éclater les frontières entre les disciplines afin de développer de tout nouveaux programmes multidisciplinaires. «On va démontrer qu’on peut revoir la façon d’enseigner. C’est comme si on se donnait le droit de réinventer l’université à travers ces initiatives», affirme Mme D’Amours.

À titre d’exemple, la rectrice évoque des certificats ou baccalauréats sur la mobilité durable ou le vivre-ensemble, qui sont de «grands défis de société». Ce sont toutefois les membres de la communauté universitaires qui seront appelés à soumettre leurs propres projets.

D’ici cinq ans, l’équipe de direction vise la création de quatre ou cinq programmes de ce genre. «Si on a un succès avec ça, ça va devenir notre référence. On va en faire plus», ajoute la rectrice, qui croit beaucoup au potentiel de cette formule pour développer des compétences de résolutions de problèmes et de travail en équipe.

Pédagogie inversée

Par ailleurs, les nouvelles orientations de l’Université Laval en matière de formation prévoient faire une plus grande place à la pédagogie inversée, grâce à la présence grandissante du numérique sur le campus.

Chef de file en matière de cours en ligne, l’Université Laval veut intégrer davantage le numérique dans ses classes afin de faire de la «pédagogie inversée». Les étudiants pourront apprendre «la théorie et les concepts» par le biais du numérique et revenir en classe pour faire des travaux qui leur permettront de développer leurs compétences, explique Mme D’Amours.

«On a souvent vu le numérique comme une solution distincte de ce qui se passe en classe. Mais on peut faire les deux ensemble. On veut aller chercher le meilleur des deux mondes, d’une façon plus intégrée», affirme-t-elle, tout en insistant sur l’importance d’une formation «humaine, basée sur l’interaction et la capacité d’échanger».

Cette nouvelle formule mènera à des transformations sur le campus, où davantage de petites salles de classe seront aménagées avec des tables de travail, bien différentes des grands auditoriums avec lesquels plusieurs étudiants sont familiers.

«Les lieux d’apprentissage vont changer», lance Mme D’Amours, qui est entrée en fonction en juin dernier.

Un acteur régional

Le nouveau plan stratégique de l’Université Laval a été rédigé à la suite d’une vaste consultation menée cet automne dans la communauté universitaire, mais aussi auprès de 150 acteurs régionaux provenant notamment du milieu des affaires, des arts et de la culture et de la santé, une première.

Ce plan stratégique représente «notre engagement envers la communauté universitaire, mais aussi envers la communauté de Québec», affirme Mme D’Amours, qui veut miser davantage sur les partenariats et la présence de l’Université Laval comme un acteur important sur le plan régional.

Son équipe veut recruter davantage d’étudiants étrangers et devenir un pôle d’accueil pour ces derniers. Le projet de résidences étudiantes pouvant accueillir des familles et des étudiants internationaux est aussi remis sur les rails.

L’Université Laval planche par ailleurs sur un projet de passeport culturel, qui permettrait aux étudiants d’avoir accès à des spectacles et des activités artistiques à Québec à moindre coût.

Par ailleurs, la création d’un laissez-passer universel, qui donnerait accès au transport en commun à tous les étudiants moyennant une augmentation de leur facture étudiante, est toujours dans les cartons.
Expérience internationale

L’équipe de direction veut aussi multiplier les stages en milieu communautaire, les projets humanitaires et les expériences de formation à l’international pour ses étudiants, notamment par la création du Fonds citoyens du monde. Présentement, 17 % des étudiants de l’Université Laval bénéficient d’une expérience à l’international lors de leur formation, une proportion que la direction aimerait faire passer à au moins 20 %, voire 25 % d’ici cinq ans.

À la Confédération des associations d’étudiants de l’Université Laval, on se réjouit du «vent de fraîcheur» qui se dégage de ces nouvelles orientations, tout en demeurant prudent. Ces «beaux projets» ne sont pour l’instant que des «grands énoncés», souligne son président, Samuel Rouette-Fiset. Reste à voir comment le tout se concrétisera au cours des prochaines années, ajoute-t-il.