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Des Gaspésiens veulent changer de fuseau horaire

Le Rocher Percé, un des attraits touristiques les plus importants de la Gaspésie, capté en image en période estivale. Selon les signataires de la pétition, il serait avantageux pour le tourisme de changer de fuseau horaire.
Photo courtoisie Maxime Paradis Le Rocher Percé, un des attraits touristiques les plus importants de la Gaspésie, capté en image en période estivale. Selon les signataires de la pétition, il serait avantageux pour le tourisme de changer de fuseau horaire.

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GASPÉ |  Des Gaspésiens veulent retourner dans le fuseau horaire de l’Atlantique, comme c’était le cas avant les années 1970, pour avoir plus de luminosité en automne et pour mieux accueillir les touristes.

Une pétition, qui est de plus en plus virale sur Internet, demande à ce qu’une fois passé la ville de Matane, on change de fuseau horaire.

Michael Briand, le copropriétaire de la microdistillerie O’Dwyer de Gaspé, entend le même refrain à chaque changement d’heure depuis qu’il s’est installé en Gaspésie il y a douze ans.

Michael Briand, copropriétaire de la microdistillerie O’Dwyer de Gaspé et initiateur d’une pétition en Gaspésie pour changer le fuseau horaire dans cette région.
Photo courtoisie
Michael Briand, copropriétaire de la microdistillerie O’Dwyer de Gaspé et initiateur d’une pétition en Gaspésie pour changer le fuseau horaire dans cette région.

«Le sujet de changer de fuseau horaire revient deux fois par année depuis des années. Je me suis dit cette fois-ci, pourquoi pas, on tente quelque chose», a dit l’initiateur de la pétition. 

Selon lui, il n’y a plus de bons arguments pour que la Gaspésie demeure dans le même fuseau horaire que le reste de la province, avec la technologie, Internet et le fait qu’on regarde la télévision différemment et qu’on peut enregistrer les émissions.

«Ce n’est plus logique. On est à presque 30 heures de route du début du fuseau horaire en Ontario. Les Îles-de-la-Madeleine sont déjà sur l’heure de l’Atlantique», dit-il.

Les Gaspésiens qui veulent changer de fuseau horaire indiquent que même visuellement, il serait plus logique de tracer la ligne en Gaspésie plutôt que de la contourner pour l’heure de l’Atlantique.
Photo Conseil national de recherche Canada
Les Gaspésiens qui veulent changer de fuseau horaire indiquent que même visuellement, il serait plus logique de tracer la ligne en Gaspésie plutôt que de la contourner pour l’heure de l’Atlantique.

Il ajoute qu’en automne, le soleil se couche à partir de 15h30, ce qui est dur sur le moral des Gaspésiens. En changeant de fuseau horaire, la consommation d’énergie diminuerait. L’été, le soleil se lève à partir de 4 heures.

«Les pêcheurs de saumon préféreraient rester plus tard sur l’eau plutôt que plus tôt. Pour les pêcheurs en mer, ils font affaire de toute manière avec les Îles-de-la-Madeleine, donc ce serait plus naturel», estime l’homme d’affaires.

Touristes

Michael Briand dit avoir remarqué que les touristes des croisières qui arrivent à Gaspé en août et septembre sont surpris de la noirceur qui arrive rapidement. «On est une des plus belles places dans le monde pour visiter, donc s’il faisait clair plus tard, ce serait à l’avantage du tourisme», dit-il.

Pour ce qui est des livraisons et de l’impact sur l’économie, Michael Briand croit qu’il s’agit d’une habitude à changer, tout simplement. Il espère atteindre 10 000 signatures pour montrer le sérieux de la démarche.

Débat pertinent

Une telle décision est prise au ministère de la Justice. Au cabinet de la ministre Stéphanie Vallée, on indique qu’elle attendra le dépôt de la pétition pour ensuite analyser le dossier avant de se prononcer.

Le député de Gaspé Gaétan Leliève trouve le débat pertinent. Deux réflexions en ce sens ont été menées au début des années 1980 et début 2000, mais il n’y avait pas de consensus.

Si on aimait l’idée de bénéficier plus longtemps de la clarté du jour, on craignait qu’il soit plus complexe de rejoindre par téléphone les responsables des bureaux gouvernementaux durant les heures d’ouverture. Il y avait aussi l'enjeu des bulletins de nouvelles à la télévision. Les temps ont toutefois changé.

«Je suis curieux de voir le bout de chemin que ça va faire», a dit le député, qui ne veut pas se prononcer tout de suite.

«Je ne pense pas que ça va faire l’unanimité, mais il y aura sans doute beaucoup d’appuis favorables.»