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Un revenu minimum garanti pour les handicapés d’ici 2023

Par cette mesure, le gouvernement vise à sortir de la pauvreté 85 000 personnes inaptes au travail

Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais
Photo Simon Clark Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais

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Le gouvernement du Québec a franchi un pas de plus vers l’instauration d’un revenu minimum garanti destiné aux personnes ayant de graves handicaps.

Ce projet de loi vise seulement les personnes inaptes au travail qui présentent des contraintes sévères à l’emploi. À terme, le programme coûtera près de 500 millions $ par année aux contribuables.

« C’est un premier revenu de base au Québec pour les personnes les plus lourdement handicapées. Ces personnes qui, en ce moment, n’ont pas accès au marché du travail aussi facilement », a expliqué François Blais, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

« On sort carrément ces personnes-là de la logique traditionnelle de l’aide sociale », a-t-il expliqué, car ce revenu est inconditionnel.

85 000 personnes

Au total, le gouvernement estime que cette mesure aidera au moins 85 000 personnes. Ainsi, le ministre Blais est convaincu d’avoir l’appui de l’opposition et des groupes communautaires.

« Nous en avons besoin. J’en ai déjà discuté avec les oppositions, je pense qu’il y a une ouverture assez grande pour l’examiner », a mentionné le ministre.

La révision des revenus se fera graduellement afin de respecter la capacité de payer des Québécois. À l’heure actuelle, le montant maximal offert par le programme d’aide sociale est d’environ 12 500 $.

Ce n’est que d’ici cinq ans, soit en 2023, que le montant alloué atteindra le seuil de faible revenu de la mesure du panier de consommation (MPC), soit environ 18 000 $.

Le programme d’admissibilité sera également moins restrictif et plus simple d’approche.

« Les personnes pourront conserver leurs montants, même s’ils s’en vont en ménage », a indiqué le ministre. Ceux qui sont en hébergement ne seront plus automatiquement pénalisés, et ce, même s’ils ont un revenu de travail.

Ils pourront également continuer à recevoir leurs prestations spéciales ainsi que des actifs, comme des héritages.

Réserves

Bien que le projet de loi soit vu d’un bon œil par la majorité des groupes communautaires et politiques, Québec solidaire trouve que la proposition du gouvernement comporte beaucoup de lacunes.

« À quel jeu joue le ministre Blais? Il annonce un programme de revenu de base aujourd’hui tout en nous disant qu’il ne sera pas disponible pour les plus pauvres de la société avant 2023. Il y aura au minimum deux élections québécoises d’ici là», a déclaré Manon Massé. Le ministre rétorque qu’il s’agit de changements majeurs qui ne se réalisent pas du jour au lendemain.