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Les experts ne s’entendent pas: l’APEL persiste et signe sur la santé du lac Saint-Charles

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Éclaboussé par le jugement de la Cour supérieure sur l’eau potable, l’organisme qui a tiré la sonnette d’alarme au sujet du « vieillissement accéléré » du lac Saint-Charles se défend d’avoir manqué de rigueur scientifique.

La directrice de l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles et des maires du Nord (APEL) est tombée en bas de sa chaise lorsqu’elle a pris connaissance du jugement qui invalide le Règlement de contrôle intérimaire (RCI) restreignant la construction dans les bassins versants au nord.

« On continue d’en faire des études et on le sait que ça ne va pas bien. Parlez à des riverains et ils vont vous dire qu’ils le voient à l’œil nu. Ça se voit qu’il y a une accélération du vieillissement », peste Mélanie Deslongchamps au bout du fil.

Mélanie Deslongchamps, <i>directrice APEL</i>
Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Mélanie Deslongchamps, directrice APEL

« Je ne peux pas croire qu’on va faire croire au monde qu’il n’y en a pas de problèmes avec le lac Saint-Charles. On a fait un mémoire avec plein de chercheurs qui l’ont cosigné. Je ne comprends pas qu’une seule personne (le témoin expert Pierre Bertrand embauché par Stoneham et Lac-Beauport) puisse défaire ce que tout le monde dit. »

Ce dernier avait qualifié les études de l’APEL de « travail d’été d’étudiant » dans nos pages, mercredi.

L’APEL n’a jamais participé à l’élaboration du RCI, mais son étude de 549 pages — la Diagnose du lac Saint-Charles réalisée en 2012 — est à l’origine des décisions qui ont motivé Régis Labeaume dans sa croisade pour la protection des sources d’eau.

Une réplique au rapport Carignan

Mme Deslongchamps conteste le contenu d’une contre-expertise réalisée par le limnologue Richard Carignan, lequel a aussi contredit les constats de l’APEL sur la santé précaire du lac et avait relevé plusieurs failles dans la méthodologie employée. Elle se désole que sa réplique de 40 pages, appuyée par de nombreuses références dans la littérature scientifique, n’ait pas été déposée en preuve à la cour.

« Je le savais que ça allait sortir un jour ou l’autre cette histoire de contre-expertise. La Ville n’était pas d’accord avec le rapport de Carignan, mais ils n’ont jamais sorti notre réponse et ne l’ont même pas utilisée en cour. Ça n’a aucun maudit bon sens et ça fait juste discréditer l’APEL, alors que ce n’est pas vrai », se défend-elle.

« On n’est pas tous des cons »

« Il y a plein de chercheurs qui travaillent avec nous : à la Chaire de recherche en eau potable de l’Université Laval, on travaille avec la LMU à Munich, des universités en France, l’INRS, la Polytechnique, l’Université de Montréal... Ces gens-là ne travailleraient pas avec nous si on était tous des cons à l’APEL. »