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Dire non à la quête de perfection

Dire non à la quête de perfection
Photo Julie Artacho

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Fondatrice de La parfaite maman cinglante, un blogue suivi par plus de 114 000 personnes, Maude Michaud, une auteure de Québec, propose une véritable petite trousse de survie pour devenir un parent confiant, moins rongé par la culpabilité et la quête de perfection dans son premier livre, Mieux survivre à ta maternité.

Sur un ton propre aux femmes de sa génération, Maude Michaud raconte « sans filtre » les grandes préoccupations des mamans et des futurs parents et révèle une fois pour toutes à quoi ils doivent vraiment s’attendre. « Respire un bon coup, ouvre grand tes yeux pis prends des notes », conseille-t-elle sur la quatrième de couverture.

Les thèmes sont présentés, expliqués et commentés avec beaucoup d’humour et d’autodérision : le sommeil pendant la grossesse, les visites à l’hôpital, les conseils des autres, les « cossins » à acheter, les « affaires bizarres à gérer ». Ces chapitres sont suivis des inévitables rappels à la réalité : « le calvaire des dents », « le déficit de sommeil parental », la survie du couple et, bien sûr, la fameuse « charge mentale ».

Maude Michaud, une maman qui a « de la broue dans le toupet » avec trois enfants à la maison, est très fière de son nouveau « bébé ». « Je pense que les gens sont prêts à recevoir mon livre, et mon blogue est un laboratoire, depuis longtemps, pour préparer les gens à un livre comme celui-ci. Et je pense que les gens en ont besoin : la minute que leur enfant naît, et même enceintes, les mamans sont prises avec une culpabilité épouvantable. Le but de mon livre n’est pas de leur faire voir la maternité comme quelque chose de terrible qui s’en vient, ou dans lequel elles sont prises, mais plutôt de rendre ça réaliste et leur faire réaliser que ce qu’elles vivent, et ce qu’elles vont vivre, c’est normal. »

Parler avec les mamans

Elle a écrit son livre avec cœur, d’après son expérience personnelle, et en observant les autres. « C’est terrible, la pression qu’on se met sur les épaules pour en faire plus et mieux. Ça fait deux ans que je parle de ça dans pratiquement tout ce que j’écris. Je me questionne encore et j’ai l’impression qu’on n’en parlera jamais assez. »

Maude Michaud dit qu’elle aime beaucoup aider les gens et parler avec les mamans. « Je me suis rendu compte que c’était vraiment un public avec lequel je suis à l’aise et à qui j’ai un message intéressant à passer... et qu’ils ont envie d’entendre. »

Elle est d’avis qu’il ne faut pas vivre la grossesse et la maternité « comme un conte de fées ». « On dirait que la maternité, c’est tellement une belle affaire — et c’est vrai que c’est une belle affaire — qu’on est donc supposé de toujours trouver tout merveilleux. Et toutes les fois qu’on trouve quelque chose de pas merveilleux... on se sent coupable. »

Qu’en pense-t-elle ? « C’est ridicule ! Il n’y a rien dans la vie — même les plus belles choses — qui ont seulement des avantages. Dans une journée, il n’y a pas juste des beaux moments. Avec un bébé, ça ne marche pas de même ! »

Et le problème avec les jeunes mamans, ajoute-t-elle, c’est qu’elles ne se font pas encore beaucoup confiance et cherchent beaucoup l’approbation. « À partir de ce moment, elles tombent dans le piège, direct. La minute où une maman voit passer une belle photo sur les réseaux sociaux d’une famille où ç’a l’air de bien aller, alors qu’elle vient de passer une mauvaise journée, ben ça y est : elle se dit qu’elle n’est pas capable de gérer sa famille, que ça ne marche pas comme elle veut. »

En librairie le 14 mars.

  • Maude Michaud a fondé le blogue La parfaite maman cinglante, qui est suivi par plus de 114 000 personnes.

EXTRAIT

Mieux survivre 
à ta maternité.  
Maude Michaud, 
ÉditionsTrécarré, 
216 pages
Photo courtoisie
Mieux survivre à ta maternité. Maude Michaud, ÉditionsTrécarré, 216 pages

 

« Tu as toujours rêvé d’avoir un bébé. Tu nous voyais, toi pis ta belle grosse bedaine ronde, exploser de bonheur dans l’attente de l’arrivée de ta progéniture. Puis, enceinte, tu t’es mise à rêver de toi pis de ton p’tit, soudés l’un à l’autre, les yeux dans les yeux, débordant de tendresse, dans la chaise berçante rutilante qui matche avec le mobilier préalablement monté avec amour par ton chum.

Au risque de péter ta belle balloune rose bonbon, c’est possible que le grand rêve auquel tu aspires soit embouti comme un chevreuil qui rencontre un bumper de char. Parce que la maternité comporte son lot d’épreuves pis de désagréments. Des désagréments dont personne ne parle, mais que tout le monde vit. »

– Maude Michaud Mieux survivre à ta maternité, Éditions Trécarré