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La radio sportive en arrache

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Le site Danslescoulisses.com nous apprend que la radio des sports à Montréal, le 91,9, serait sur le point de faire une importante réorganisation de sa programmation et de son administration.

Un cas classique de dépenses trop élevées c. des revenus insuffisants.

Je ne connais personne qui en est surpris. Le Québécois moyen n’est pas un amateur de sport ni même un amateur de hockey. C’est un amateur du Canadien.

Vous n’avez qu’à regarder le stationnement des bars sportifs quand le Canadien n’est pas en séries et vous le constaterez vous aussi.

Comme le Bleu-blanc-rouge est une disgrâce depuis maintenant une génération et qu’il n’y a toujours pas de solution en vue, c’est même étonnant que l’intérêt se soit maintenu pendant tant d’années.

L’équipe a tellement longtemps été le principal point focal de l’attention médiatique qu’elle a fini par tuer l’intérêt du public pour les autres sports.

Si on ne peut certainement pas reprocher sa popularité à l’équipe, on peut par contre s’interroger sur la couverture des autres sports et sur l’espace qu’on lui a accordé dans les médias au fil des ans, incluant la radio évidemment.

Ça ne date pas d’hier: il y a une dizaine d’années, François Paquette, le fils spirituel du descripteur de baseball Jacques Doucet, faisait le remplacement de Ron Fournier en plein mois de juillet et avait reçu un appel «d’en haut» pour se faire dire de ne plus parler de baseball et de revenir au hockey.

Oui, en juillet.

Autre exemple: pendant qu’on se faisait gaver des moindres faits et gestes du Canadien «politiquement correct» de 2004, avec son coach et sa douzaine de joueurs francophones, on regardait partir les Expos en haussant les épaules.

Il n’est alors pas étonnant que notre monoculture du sport soit aussi responsable de la baisse d’intérêt pour la radio sportive, puisque l’on préfère parler de l’ongle incarné d’un joueur de quatrième trio du Canadien plutôt que du début de saison de l’Impact qui, à propos, a eu VINGT-CINQ ANS l’année dernière et dont vous ne connaissez probablement pas le nom du meilleur buteur de son histoire.

Pendant ce temps, à Toronto, si les Leafs devaient avoir une courte présence en séries, les chroniqueurs de sport pourront se tourner vers les Raptors qui connaissent leur meilleure saison à vie, ou les Blue Jays.

Le Canadien est la poule aux œufs d’or du sport au Québec et elle est mal en point.

Si la radio sportive de Montréal devait survivre (celle de Québec est morte il y a plus de 5 ans), elle serait simplement en sursis.

Pour la relancer, il faudrait recréer de l’intérêt autour de sports que l’on a laissés mourir, comme le baseball, ou que l’on n’a pas soutenus adéquatement en ondes comme... tous les autres sports!

Pour fidéliser l’auditoire à la radio, on doit pouvoir alimenter une programmation douze mois par année.

Le hockey en couvre huit, en fait quatre cette année puisque l’on sait depuis janvier que le CH ne fera pas les séries.

L’effet cumulatif des saisons misérables du Canadien est maintenant évident; seul un noyau dur et rapetissant d’auditeurs s’intéresse à ce qui se passe autour de l’équipe.

Et c’est gros comment, «un noyau dur qui rapetisse»?

Apparemment, pas assez pour faire prospérer une radio de sport à Montréal.