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Multinationale des faux cils

Une firme québécoise rayonne dans 50 pays avec ses 12 000 techiniciennes

Ingrid Gagné dit avoir le don de comprendre ce que les femmes veulent.
Photo courtoisie Ingrid Gagné dit avoir le don de comprendre ce que les femmes veulent.

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Depuis son démarrage dans un sous-sol de Terrebonne, Misencil a non seulement commercialisé l’extension des cils à travers le monde, mais a créé un nouveau corps de métier. Ses 12 000 techniciennes œuvrent aujourd’hui dans 50 pays.

Quand Misencil a vu le jour à Terrebonne, il y a une douzaine d’années, seule l’élite américaine portait des extensions de cils. « C’était quelque chose qui n’existait pas », lance Ingrid Gagné, copropriétaire de Misencil.

Son entreprise a développé les produits et les services, de concert avec Santé Canada. Chez Misencil, impossible de vendre des « kits » sans formation.

« On a carrément créé un nouveau métier », dit cette femme de 42 ans.

Ses techniciennes ont appris comment poser des extensions de cils pour obtenir une apparence naturelle, en fonction de la distance entre les yeux, la longueur ou la morphologie de l’œil, etc.

« On vient corriger le regard. On ne peut pas faire ça avec du mascara », souligne celle qui a œuvré toute sa carrière en esthétisme.

Misencil a vite conquis les femmes, qui appréciaient la réaction instantanée que leurs nouveaux cils créaient dans leur entourage.

« La beauté de la chose, c’est que ça se voit », souligne-t-elle. Selon Mme Gagné, l’effet de mode est vite devenu une routine beauté. Elle-même avoue se sentir nue quand elle ne porte pas ses extensions de cils.

Au Québec, la cliente type est une professionnelle entre 30 et 50 ans, très occupée, satisfaite de ne plus avoir besoin de se maquiller.

La conquête internationale

Après le Canada, Misencil s’est attaquée au marché français. L’entreprise québécoise y a ouvert une filiale à Paris et collabore avec des distributeurs de la marque dans plusieurs pays, comme la Hollande ou les Émirats arabes unis, qui forment leurs techniciennes.

Une nouvelle filiale est en démarrage aux États-Unis, où le marché des extensions des cils serait mûr.

« C’est connu là-bas, mais peu raffiné. Il y a une niche à prendre », croit celle qui a reçu le prix Entrepreneure active à l’international 2017 des Femmes d’affaires du Québec.

Selon elle, la technique des Américaines contraste avec les doigts de fée des Russes.

Partout où elle voyage, la femme d’affaires reste alerte aux nouvelles tendances.

« Ça me passionne ! Je suis toujours en mode inspiration », admet-elle.

Mme Gagné a bâti Misencil avec son mari, Jean-Jacques Benguigui, qui était déjà entrepreneur. Les deux se complètent bien.

« Être entrepreneur, c’est le début des problèmes. C’est avoir de grandes joies et de grandes déceptions tous les jours », estime la présidente.