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Nouvelles pénalités pour les prestataires d’aide sociale

Le programme Objectif emploi débute cette semaine

Nouvelles pénalités pour les prestataires d’aide sociale
PHOTO D'ARCHIVES, JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

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À compter d’aujourd’hui, les nouveaux demandeurs à l’aide sociale devront se soumettre au programme Objectif emploi, qui prévoit des pénalités pour les prestataires qui refusent de participer à un parcours d’intégration en emploi.

Le programme Objectif emploi exigera qu’une personne qui demande pour la première fois des prestations d’aide sociale suive un plan d’intégration au marché du travail qui prévoit une «recherche intensive d’un emploi, la formation ou l’acquisition de compétences ainsi que le développement des habiletés sociales».

Le participant verra sa prestation de base (de 648 $ pour une personne seule) amputée de 224 $ par mois après trois manquements.

À l’inverse, il recevra 165 $ de plus mensuellement s’il participe au programme de recherche intensive d’emploi ou de développement des habiletés sociales. Ceux qui participeront à un parcours de développement des compétences, eux, toucheront 260 $ de plus sur leurs prestations.

Obligations

Les participants pourraient notamment être obligés d’accepter un emploi (sous certaines conditions) ou de conserver leur boulot, pour recevoir la somme bonifiée.

Toutefois, une personne qui quitterait le programme pour ensuite y revenir touchera à nouveau la prestation bonifiée.

La participation au programme dure 12 mois, mais peut être prolongée sur demande du prestataire, par exemple dans le cas d’une formation.

«Avant Objectif Emploi un prestataire pouvait être 25 ans sur l’aide sociale sans rencontrer un agent d’Emploi-Québec, a commenté l’attaché de presse du ministre du Travail, François Blais. Maintenant, il sera rencontré dès sa demande d’aide sociale afin d’établir un parcours personnalisé pour lui permettre d’entrer ou de se rapprocher du marché du travail.»

«Fabrique à itinérants»

Le programme Objectif emploi a été fortement critiqué depuis le dépôt du projet de loi en 2015. Pour le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, le programme risque de devenir une «fabrique à itinérants».

«Présentement, l’économie va bien. Tous les gens qui peuvent travailler ont un emploi, dit Serge Petitclerc. Mais il y a toutes sortes de conditions sociales qui font que des gens sont incapables de travailler, comme l’analphabétisme ou l’alcoolisme.»

Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté
Photo d'archives
Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté

Les pénalités qui seront imposées sur les prestations d’aide sociale auront un impact sur les plus démunis de la société, estime-t-il.

En ajoutant les différents crédits d’impôt, certains prestataires devront se contenter d’environ 500 $ par mois. «Qui peut vivre avec un tel montant?», demande Serge Petitclerc.