/entertainment/shows
Navigation

Près de 100 000$ en billets de spectacles pour des délégués du Québec à l’étranger

La Délégation du Québec à Londres a acheté 38 billets pour le Cirque du Soleil en l’espace de 2 mois. Sur la photo (à titre illustratif), un aperçu de la répétition générale du spectacle Amaluna au Royal Albert Hall de Londres, le 15 janvier 2016.
Photo d’archives, AFP La Délégation du Québec à Londres a acheté 38 billets pour le Cirque du Soleil en l’espace de 2 mois. Sur la photo (à titre illustratif), un aperçu de la répétition générale du spectacle Amaluna au Royal Albert Hall de Londres, le 15 janvier 2016.

Coup d'oeil sur cet article

Le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) a dépensé près de 100 000 $ en billets de spectacle lors des quatre dernières années, deux fois plus que le ministère de la Culture, pour des délégués du Québec à l’étranger et leurs invités.

Spectacles de cirque, matchs de hockey, prestations musicales et théâtre : les délégations générales du Québec à l’étranger remplissent parfois les salles de spectacle, en payant des billets dans le cadre de leur travail de représentation, selon une demande d’accès de la Fédération canadienne des contribuables dont Le Journal a obtenu copie.

Par exemple, en décembre 2017, la délégation du Québec à Paris a acheté 82 billets pour le concert de l’Orchestre métropolitain à la Philarmonie de Paris.

Aléatoire?

Ces spectacles et évènements pour les délégués sont divers et multiples. Un soir, les Québécois peuvent payer 10 billets pour un match de hockey des Blackhawks de Chicago contre le Canadien de Montréal à la délégation du Québec à Chicago, puis, durant l’été 2016, une trentaine de laissez-passer du Festival d’Édimbourg au Royaume-Uni pour la Délégation générale du Québec à Londres.

Une trentaine de billets pour le Cirque Éloize à Milan ont aussi été offerts à la délégation du Québec à Rome.

Fait à noter, la majorité des billets servent à assister aux représentations des artistes québécois en sol étranger.

«Ça me semble totalement aléatoire. Il y a aussi des billets de hockey pour San Jose, Dallas», a souligné Carl Vallée, le directeur de la Fédération canadienne des contribuables au Québec. «C’est quoi, la logique derrière ça?»

Il n’est pas convaincu de la rentabilité de tels investissements à l’étranger, surtout qu’il est impossible de connaître l’identité des gens qui ont été invités, outre les délégués.

«C’est ça qui me chatouille, a indiqué M. Vallée. C’est quoi, la valeur ajoutée, non seulement pour l’artiste québécois qui est sur scène, mais aussi pour le contribuable québécois, qu’un représentant puisse assister au spectacle?»

Carl Vallée, Fédération des contribuables
Photo d'archives
Carl Vallée, Fédération des contribuables

Le MRIF se défend

La porte-parole du ministère des Relations internationales et de la Francophonie a justifié ces dépenses en soulignant la nécessité d’appuyer la culture québécoise.

«L’achat de billets pour des représentations culturelles québécoises à l’étranger permet aux troupes et aux organisations artistiques d’être mieux connues», a expliqué Émilie Lord, responsable des relations avec les médias.

Elle ajoute que «la culture constitue également un levier de diplomatie culturelle».

Quant à l’achat de billets pour des activités sportives comme le hockey, le MRIF dit utiliser cette méthode lorsqu’il y a peu de manifestations culturelles québécoises sur le territoire.

«Les retombées des activités de diplomatie culturelle se situent au niveau de la notoriété du Québec, de sa culture et de son savoir-faire. Elles permettent aussi de consolider le réseau de contacts des représentations québécoises», a-t-elle dit.

Ministère des Affaires internationales et de la Francophonie

Total de 1456 billets en 4 ans = 94 600 $

Moyenne de 65 $ du billet

  • 2014-2015 – 21 966 $
  • 2015-2016 – 14 410 $
  • 2016-2017 – 31 674 $
  • 2017-2018 – 26 547 $

Ministère de la Culture

Total de 43 700 $ pour 1225 billets, de 2014 à 2018