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Des pratiques à surveiller chez votre courtier

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Voici ma définition simplifiée du sens de l’éthique : « Ce qu’on ose faire lorsqu’on ne nous surveille pas ». Évidemment, pour les gens honnêtes et intègres, il ne se passera rien de différent.

À ma grande déception, dans les services financiers, la rectitude est plutôt élastique. Bien qu’en principe tous les professionnels doivent favoriser les intérêts primordiaux de leurs clients, certains n’hésitent pas à commettre des fourberies afin de générer des commissions... à votre détriment. Voici quelques pratiques à surveiller.

Frais de service sans service : En achetant des fonds auprès d’une firme de courtage à escompte, saviez-vous que vous payez souvent des commissions de service intégrées ? Ces dernières, qui peuvent aller jusqu’à 1 % du capital, sont destinées aux conseillers afin de les rémunérer pour vous offrir des suivis, plans, analyses et autres conseils. Mais voilà, des cabinets de courtage à escompte se les approprient sans offrir le moindre des services énumérés.

Double commission : Profitant de la volatilité des marchés, des conseillers sans scrupule proposent à leurs clients de défaire leurs portefeuilles de placement et de diriger les actifs dans des fonds distincts offerts par des assureurs auprès d’un agent général différent de leur firme de courtage principale. Ce faisant, en choisissant des options à frais de sortie, ils génèrent une deuxième commission importante sur le dos des mêmes clients tout en passant sous le radar du département de conformité.

Paniers percés : Autre pratique discutable : remplacer les actions, FNB et fonds communs d’un portefeuille pour un « panier de titres ». Ce dernier contient pourtant les mêmes titres que les fonds maison de l’institution financière. Présenté ainsi, l’investisseur voit dans ses relevés la liste de toutes les actions individuelles et croit ne plus détenir de fonds. Ce n’est qu’une illusion. Les conseillers et gestionnaires adeptes du stratagème voient parfois leurs honoraires bruts gonfler de 50 %. Passant de 1 % pour les portefeuilles réguliers à 1,5 % pour ceux conçus avec des paniers de titres.

Dividendes imaginaires : Il existe une catégorie de fonds destinés aux investisseurs ayant des actifs importants hors du REER, FERR et CELI qui veulent des revenus réguliers non imposables. Les mandats en série T génèrent du retour de capital. En clair, on vous remet votre propre argent par tranche de capital de 4 % à 8 %. Mais voilà, des fins finauds s’en servent à toutes les sauces et en mettent même dans les REER. Ils bernent ainsi leurs clients en prétendant que c’est un produit engendrant de beaux dividendes. Ils poussent l’insolence en réinvestissant cette liquidité dans de nouveaux produits qui leur génèrent de nouvelles commissions.

CONSEILS

  • Surveillez attentivement vos placements et transactions
  • S’il le faut, allez chercher un deuxième avis 
  • Faire affaire avec une grande institution n’est pas nécessairement un gage d’éthique sans faille
  • Les financières qui établissent des quotas et des cibles de ventes à leurs employés sont plus sujettes aux écarts de conduite
  • N’hésitez jamais à dénoncer des agissements suspects

Fabien Major est conseiller en épargne collective pour Major Gestion Privée Inc. de Gestion financière Assante ltée.