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Labeaume veut des pistes cyclables colorées

Le maire aime l’idée éprouvée à San Francisco

Régis Labeaume
Photo Stéphanie Martin

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SAN FRANCISCO | Régis Labeaume veut s’inspirer de San Francisco pour rendre les rues de Québec plus sécuritaires. Selon lui, la réduction des limites de vitesse n’est pas la solution, mais il craque pour les pistes cyclables colorées.

Pour sa première journée en mission économique à San Francisco, le maire de Québec a passé beaucoup de temps avec les représentants de la San Francisco Municipal Transportation Agency (SFMTA), qui réglemente tout ce qui touche les transports terrestres de la cité sur la baie.

Depuis 2014, la SFMTA s’est donné une vision pour réduire à zéro le nombre de morts dans la circulation d’ici 2024. Ce nombre est passé de 30 à 20 en 2017, alors que la SFMTA octroie une part importante de son budget de fonctionnement annuel de 1,2 milliard $ à l’amélioration des rues. L’approche intéresse Québec.

Le maire en a profité pour se préparer et affûter ses arguments en prévision du sommet sur la sécurité routière, qui se tiendra vendredi et samedi à Québec. Il s’interrogeait notamment sur la baisse des limites de vitesse dans les quartiers, une question souvent soulevée par les citoyens et pas les partis politiques dans la capitale.

Le maire intérimaire de San Francisco, Mark E. Farrell, et le maire Labeaume se sont rencontrés hier dans la ville américaine.
Photo Stéphanie Martin
Le maire intérimaire de San Francisco, Mark E. Farrell, et le maire Labeaume se sont rencontrés hier dans la ville américaine.

Couleur contrastante

« Réduire la vitesse dans les rues ne fonctionne pas », s’est-il fait répondre par Tom Maguire, directeur des rues durables au SFMTA. « Il faut s’attarder férocement à la réduction de la vitesse, mais on l’atteint en créant des aménagements qui forcent les automobilistes à ralentir. »

Parmi ceux-ci, San Francisco a misé sur l’ajout de trottoirs, de dos d’âne, de rehaussements en béton, mais aussi sur la délimitation des voies cyclables par une couleur contrastante. Une idée qui plaît à Régis Labeaume. « Je veux savoir si ça fonctionne. Mon impression, c’est que ça fonctionne parce que ça éveille l’attention des automobilistes. »

Le maire imagine des projets-pilotes dans des rues témoins. « On verrait le nombre d’accidents qu’il y a dans un secteur problématique. On pourrait peindre des voies cyclables et suivre ça. »

Devant l’hôtel de ville de San Francisco, la Ville a aménagé une piste cyclable délimitée par une couleur verte éclatante. Le maire de Québec, Régis Labeaume, aime l’idée et aimerait l’implanter dans la capitale.
Photo Stéphanie Martin
Devant l’hôtel de ville de San Francisco, la Ville a aménagé une piste cyclable délimitée par une couleur verte éclatante. Le maire de Québec, Régis Labeaume, aime l’idée et aimerait l’implanter dans la capitale.

De la résistance

Quand elle a voulu implanter ces changements, l’Agence de San Francisco s’est butée à de la résistance. « Les gens nous disaient : “C’est insensé. Cela n’est pas réalisable” », relate John Knox White, directeur du département d’éducation et de communication. Il a d’abord fallu faire réaliser aux citoyens qu’il y avait un problème et ensuite convenir tous ensemble qu’il ne faut pas penser que ces accidents sont inévitables, a-t-il relaté. « La vision zéro, c’est relativement neuf, à part en Suède. C’est ce dont on va discuter en fin de semaine », a lancé le maire Labeaume à sa sortie de la rencontre. « Mais il va falloir qu’on communique, je suis convaincu. » Par ailleurs, le maire a aussi eu en matinée une discussion d’ordre économique avec le consul général du Canada à San Francisco, Rana Sakar, pendant que les entreprises de la délégation discutaient de commercialisation de leurs produits avec les responsables du consulat.

Plus de places éphémères cet été

Apporter la joie dans les espaces publics. C’est ce que la Ville de San Francisco a fait en créant des dizaines d’espaces de jeux, le temps d’un festival. À Québec, les places éphémères seront plus nombreuses cet été.

Le maire Régis Labeaume a rencontré hier John Rahaim, directeur du département de l’urbanisme et de la planification du territoire de la Ville de San Francisco, et Neil Hrushowy, urbaniste principal à la Ville de San Francisco.

Ceux-ci ont discuté de l’aménagement de la ville, en particulier du Ground Play Program, qui a animé l’un de ses principaux boulevards, Market Street, une large artère de 3,5 km de long. « On voulait lui donner un caractère local. Mais les commerces ne savaient pas comment s’impliquer », a indiqué M. Hrushowy.

La parole aux citoyens

La Ville a donné la parole aux citoyens, aux firmes d’urbanisme et aux institutions culturelles. Les idées proposées ont été réunies dans 85 installations ludiques qui ont attiré les gens, lors de deux festivals qui se sont tenus au cours des dernières années.

« C’est une façon peu dispendieuse d’animer la rue », a commenté M. Hrushowy. « On ne voyait jamais d’enfants jouer sur Market Street, avant. Les familles se sont rendu compte qu’on peut jouer et avoir du plaisir sur cette grande artère. »

« C’est une bonne idée ! C’est la raison pour laquelle je voyage », s’est enthousiasmé le maire Labeaume. Il a d’ailleurs précisé que l’été prochain, la Ville de Québec poursuivra son programme des places éphémères. M. Labeaume confirme que leur nombre sera augmenté cette année. Le rôle de ces places est de rassembler les gens dans les quartiers.

Changements climatiques

La délégation a également discuté de l’impact des changements climatiques, un énorme défi pour San Francisco.

« D’ici 12 ans, nous aurons à vivre des épisodes d’inondations majeures qui affecteront les infrastructures comme les tunnels. C’est un gros problème », a exprimé M. Rahaim.

« Nous avons le même problème à Québec, mais heureusement, nous n’avons pas de tunnels » qui risquent d’être inondés, a rappelé le maire Labeaume.

Également, Régis Labeaume a rencontré le maire intérimaire de SF, Mark E. Farrell, avec qui il a discuté de politique, de voitures autonomes et de vélos libre-service.

Accidents impliquant des piétons

À Québec

► 1100 avec blessures par année

► 5 décès par année 

► Vitesse dans les quartiers résidentiels entre 30 et 50 km/heure

À San Francisco

► 3000 avec blessures par année

► 30 décès en 2014, 20 en 2017

► Vitesse dans les quartiers résidentiels : 40 km/heure