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Des millions pour cette toile à Québec

Appartenant à la paroisse Notre-Dame de Québec, le Saint Jérôme de Jacques-Louis David pourrait être acquise par le Musée des beaux-arts du Canada

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Le mystère entourant le «trésor national» que le Musée des beaux-arts du Canada souhaite acheter, après avoir vendu un de ses tableaux du peintre Marc Chagall pour plusieurs millions de dollars, semble avoir été percé.

L’Agence QMI a découvert que la pièce manquante du puzzle pourrait tirer son origine de la capitale québécoise, du côté de la paroisse Notre-Dame de Québec.

L’œuvre mystérieuse est une toile d’une grande valeur intitulée Saint Jérôme entendant les trompettes du Jugement dernier, réalisée au 18e siècle par le peintre français Jacques-Louis David, qui a été peintre officiel de Napoléon Bonaparte.

Jeudi dernier, le musée d’Ottawa avait créé un immense suspense, à travers le Canada, en annonçant qu’un Chagall de sa collection, La tour Eiffel, estimé à 6 à 9 millions de dollars US, allait être vendu aux enchères, à New York, le 15 mai, et qu’avec les produits de cette vente, un «trésor national» canadien de valeur correspondante serait acquis.

Pas encore d’entente officielle

«Il n’y a pas d’entente officielle de conclue, mais c’est vrai qu’on s’est beaucoup parlé. Le Musée des beaux-arts du Canada s’est montré intéressé à faire l’acquisition de l’œuvre, très intéressé», a expliqué, mardi, Mgr Denis Bélanger, curé de la paroisse Notre-Dame de Québec, dont la fabrique est propriétaire du tableau de David.

Il s’agit d’une œuvre importante, notamment pour Québec, non seulement pour sa valeur artistique, mais aussi en raison de sa provenance.

Elle avait été amenée de ce côté-ci de l’Atlantique par les descendantes d’un artiste français, Nicolas Mailand, qui en avait fait l’acquisition lors d’une vente publique.

«Les descendantes de Mailand, Geneviève et Henriette Cramail, l’offrent à la basilique Notre-Dame de Québec en 1922», indique sur son site internet le Musée de la civilisation de Québec, qui est le dépositaire du tableau.

Démarche de la fabrique

Mgr Bélanger a expliqué à l’Agence QMI que c’est la fabrique, en réflexion au sujet d’une éventuelle vente de l’œuvre, qui a approché le musée d’Ottawa pour voir s’il y avait de l’intérêt.

D’autres musées, le Musée de la civilisation, le Musée national des beaux-arts du Québec ainsi que le Musée des beaux-arts de Montréal avaient aussi été approchés.

Avec l’argent tiré de la vente de ce tableau, «la paroisse veut assurer la pérennité de ses deux lieux très fréquentés, soit l’église Notre-Dame-des-Victoires et la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec», a expliqué Mgr Bélanger

Il a précisé qu’un fonds portant le nom des sœurs Cramail serait créé pour financer les activités d’accueil et pastorales futures des deux lieux.

Une transaction avec le Musée des beaux-arts du Canada n’a toutefois pas encore été conclue, et l’Agence QMI a appris que le Musée de la civilisation et le Musée des beaux-arts de Montréal lorgnent également le tableau de David.

Une éventuelle transaction devra obtenir plusieurs autorisations, dont celle du diocèse de Québec et, ultimement, celle du Vatican.

Le saint Jérôme de Jacques-Louis David est exposé jusqu’en juin sur un mur du Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein du Musée des beaux-arts de Montréal, inauguré en novembre 2016 pour le lancement du 375e anniversaire de Montréal.

La tour Eiffel

Tableau du Musée des beaux-arts du Canada qui sera vendu aux enchères chez Christie’s, à New York, le 15 mai

Photo Musée des beaux-arts du Canada
  • Artiste : Marc Chagall (1887-1985)
  • Médium : Huile sur toile
  • Date : 1929
  • Dimensions : 100 cm X 81,8 cm
  • Acquis par le Musée des beaux-arts du Canada en 1956

Saint Jérôme entendant les trompettes du Jugement dernier

Tableau de la paroisse Notre-Dame de Québec dans la mire des musées, dont le Musée des beaux-arts du Canada

Photo MCQ
  • Artiste : Jacques-Louis David (1748-1825)
  • Médium : Huile sur toile
  • Date : 1780, mais peint en 1779
  • Importé de la France par les sœurs Geneviève et Henriette Cramail, qui l’offrent à la basilique Notre-Dame de Québec en 1922 (don officialisé en 1938)