/news/education
Navigation

L’étudiante handicapée finalement entendue

Le cégep l’a jugée incapable de suivre un cours de théâtre

<b>Annie-Kim Charest-Talbot</b>, <i>étudiante</i>
Photo Amélie St-Yves Annie-Kim Charest-Talbot, étudiante

Coup d'oeil sur cet article

TROIS-RIVIÈRES | Pour la première fois en trois mois, le Cégep de Trois-Rivières accorde de l’intérêt au dossier d’une étudiante handicapée jugée incapable de suivre un cours de théâtre, après que cette dernière eut dénoncé la situation dans nos pages.

Annie-Kim Charest-Talbot a reçu un appel hier du Cégep de Trois-Rivières. La direction du cheminement scolaire veut la rencontrer aujourd’hui, trois mois après l’arrivée sur leurs bureaux d’une lettre dans laquelle elle dénonce le fait que le cégep ne l’a pas inscrite en théâtre à cause de sa paralysie cérébrale.

« J’espère qu’ils ne disent pas qu’ils veulent me rencontrer juste pour sauver la face et qu’ils sont sincères dans leurs démarches. Je suis contente de l’appel, mais le fait qu’on le fasse après l’intervention des médias, je trouve ça très ironique », dit l’étudiante de 23 ans.

Selon elle, la coordonnatrice des services adaptés lui aurait dit qu’elle serait incapable de bouger ou de projeter sa voix pour atteindre les compétences du cours Théâtre québécois. Mme Charest-Talbot défend bec et ongles qu’on lui a refusé le cours. Le cégep, lui, affirme qu’on lui a suggéré de ne pas se mettre en position d’échec.

La ministre s’en mêle

Annie-Kim Charest-Talbot a eu l’appui d’intervenants, dont la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David, qui est intervenue dans le dossier.

« Elle veut continuer. Je veux qu’elle continue. [...] Le cégep nous a dit qu’ils étaient tout à fait disposés à regarder les accommodements pour des contraintes sévères », a-t-elle déclaré, en période de questions à l’Assemblée nationale.

Le syndicat des employés de soutien du cégep a également déploré qu’elle ne soit pas inscrite en théâtre.

« Les personnes handicapées ont autant le droit que les autres de nous faire rire, de nous faire pleurer et de venir nous chercher. Qu’on trouve d’autres moyens pour l’accommoder », a dit la présidente du syndicat, Danielle Dufresne.