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L’ex-roi des pharmacies plaide coupable et reçoit une absolution conditionnelle

Après avoir «touché le fond du baril», Perreault s’est repris en main, a fait valoir son avocat

L’ex-roi des pharmacies, Jonathan-Yan Perreault, a reçu une absolution conditionnelle jeudi à Québec après avoir plaidé coupable à une accusation de voies de fait simples pour avoir asséné un coup de poing au visage d'une amie en avril 2017, à sa résidence de Lac-Beauport.
Photo Sophie Côté L’ex-roi des pharmacies, Jonathan-Yan Perreault, a reçu une absolution conditionnelle jeudi à Québec après avoir plaidé coupable à une accusation de voies de fait simples pour avoir asséné un coup de poing au visage d'une amie en avril 2017, à sa résidence de Lac-Beauport.

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L’ex-roi des pharmacies, Jonathan-Yan Perreault, a reçu une absolution conditionnelle jeudi à Québec après avoir plaidé coupable à une accusation de voies de fait simples pour avoir asséné un coup de poing au visage d'une amie en avril 2017, à sa résidence de Lac-Beauport.

Contrairement à son apparition en cour il y an un an où il avait comparu détenu visiblement mal en point, portant un t-shirt, Perreault, qui avait été remis en liberté sous conditions, s’est présenté jeudi au palais de justice de Québec bien mis, vêtu d’un habit.

Après de nombreuses discussions entre la Couronne et son avocat, Perreault a plaidé coupable à une accusation réduite de voies de fait simples – une accusation de voies de fait ayant causé des lésions avait été portée contre lui au départ - et une autre pour ne pas avoir gardé la paix.

Deux autres chefs qui pesaient contre le pharmacien déchu, soit menaces de mort envers cette même victime et voies de fait sur un agent de la paix, ont été abandonnés.

Suivant une suggestion commune de la poursuite et de la Défense, le juge Hubert Couture a accordé une absolution conditionnelle à Perreault assortie d’une probation de 18 mois, lors de laquelle il lui est interdit de communiquer avec sa victime.

Il doit également faire deux dons de 2500$ d’ici trois mois, l’un à la Fondation de Lauberivière et l’autre au Pignon Bleu.

«Il s’est relevé»

L’avocat de Perreault a évoqué le dossier « hautement médiatisé » de son client qui, rappelons-le, a plaidé coupable l’an dernier à 60 chefs d’infraction devant le conseil de discipline de l’Ordre des pharmaciens, ce qui lui a valu une radiation de 32 ans.

«En six ans, il a réussi dans ce domaine d’affaires là [...] il a eu accès à des pouvoirs décisionnels immenses, à des capitaux très importants. Monsieur a perdu ses repères, monsieur le Juge» a affirmé Me Olivier Morin, expliquant que Perreault, qui a déjà détenu une quarantaine de pharmacies, a développé une dépendance aux opiacés et à l’alcool lors de sa descente aux enfers.

«C’est une personne qui a touché le fond du baril que vous avez devant vous monsieur le Juge. Il est allé en thérapie, il s’est relevé et maintenant, il prend soin de sa famille et tente de se relever au niveau professionnel et au niveau familial, surtout», a-t-il poursuivi.

Le fait qu’il est reconnu sa culpabilité, qu’il soit rapidement allé en thérapie, qu’il ait respecté ses conditions de remise en liberté et qu’il n’ait aucun antécédent criminel a convaincu la Couronne de lui accorder une absolution conditionnelle, a indiqué Me Sarah-Julie Chicoine.

Une visite qui tourne mal

Selon une déclaration lue par la poursuite et signée par Perreault résumant les événements du 4 avril 2017 ayant mené aux accusations, une amie était allée le visiter à sa résidence de Lac-Beauport pour le « réconforter », alors qu’il semblait dans un état «émotionnel et instable».

Après un certain temps, une dispute a éclaté entre les deux et Perreault a frappé la femme au visage, en lui assénant un coup de poing sur la joue gauche.

Après que le conjoint de la victime soit arrivé sur les lieux à sa demande, des policiers se sont présentés à la résidence de l’ex-roi des pharmacies.

Perreault a offert «une certaine résistance» à son arrestation. Les policiers ont dû s’y prendre à deux reprises pour le mettre au sol, et lors de la deuxième tentative, le suspect s’est fracturé l’humérus du bras droit.

Perreault avait refusé de se rendre à l’hôpital lorsque les agents, au poste de police, se sont rendu compte de sa fracture.

«C’est dans ce contexte-là où monsieur admet notamment avoir brisé son engagement en troublant la paix alors qu’il devait garder la paix et avoir une bonne conduite», a mentionné Me Chicoine.

D’autres arrestations

Rappelons que lors d’une audience en mai dernier, Perreault avait affirmé dans une envolée verbale avoir été « victime de brutalité policière » après que les policiers soient entrés chez lui «sans mandat».

Il avait alors menacé de faire une plainte au Barreau du Québec et d’en déposer une autre contre la police.

Outre ses déboires professionnels et son arrestation à Lac-Beauport en avril 2017, l’ex-roi des pharmacies a aussi été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies en mai 2016 (palais de justice de Saint-Jérôme) et pour conduite avec les facultés affaiblies et conduite dangereuse en août 2016 (palais de justice de Trois-Rivières).