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Le cannabis au volant, un enjeu «majeur» pour Jean-Yves Duclos

Le ministre croit que «ça va prendre un certain temps» pour former et équiper les policiers du pays

man making joint and a stash of marijuana in the car
Photo Fotolia Alors que le cannabis sera légalisé dans quelques mois, plusieurs s’inquiètent de sa consommation par des gens qui prendront ensuite le volant. Sur cette photo (à titre illustratif), un homme se roule un joint dans sa voiture.

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La légalisation du cannabis permettra d’outiller les policiers du pays pour détecter le cannabis au volant, mais « ça va prendre un certain temps », a reconnu samedi le ministre Jean-Yves Duclos en marge du colloque sur la sécurité routière à Québec.

Le député fédéral était interrogé sur la conférence du chef de police de l’État de Washington, John Batiste, où le bilan routier s’est aggravé pour la première fois en près d’une décennie quand la vente du cannabis récréatif a débuté en 2014.

De 2013 à 2016, le nombre de décès sur les routes y est passé de 401 à 503, alors que le nombre d’automobilistes testés positivement avec du cannabis dans le sang a presque doublé, a-t-on appris lors du colloque au Centre de foires.

Concernant la situation canadienne, M. Duclos a concédé que « présentement, les forces policières à l’échelle du pays n’ont ni la formation ni les équipements pour détecter le cannabis chez ceux qui conduisent ». Mais « il faut que ça change », a-t-il poursuivi.

Enjeu majeur

<b>Jean-Yves Duclos</b>, <i>ministre</i>
Photo Didier Debusschère
Jean-Yves Duclos, ministre

Questionné sur la capacité du gouvernement à équiper et à former les corps policiers à temps pour la légalisation, cet été, Jean-Yves Duclos a assuré que des sommes « substantielles » avaient été allouées aux services de police pour ce faire.

« En collaboration avec les municipalités, les policiers sont maintenant davantage capables d’être formés et d’avoir progressivement accès à l’équipement dont ils ont besoin. C’est sûr que ça va prendre un certain temps avant que tout soit parfaitement en ordre, mais il faut bien commencer quelque part », a exprimé le ministre fédéral de la Famille.

Jean-Yves Duclos a rappelé que « l’un des objectifs » était justement de « traiter l’existence déjà très réelle de la consommation du cannabis dans notre société et ses effets sur la sécurité routière », un enjeu qu’il a qualifié de « majeur ».

Rappelons que le gouvernement du Québec a annoncé qu’il allait appliquer une politique de la tolérance zéro concernant la conduite sous l’influence du cannabis.

Des solutions

En avant-midi, le chef de police John Batiste a expliqué que l’État de Washington s’est doté d’une « Vision Zéro » pour réduire drastiquement la mortalité sur les routes.

Le gouvernement a entrepris de former tous ses patrouilleurs à reconnaître les automobilistes ayant les capacités affaiblies par la drogue. Dans certaines communautés, des équipes de policiers se consacrent uniquement à la détection de ces conducteurs fautifs.

Les autres mesures reposent sur la sensibilisation, l’application stricte de la loi et une diminution du temps de réponse des ambulanciers en cas d’accident.

« Certaines personnes pensent qu’ils conduisent mieux sous l’influence de la marijuana, mais en fait, les données prouvent le contraire. La marijuana ralentit votre temps de réaction, votre coordination motrice, cause de la somnolence et un manque de concentration », a dit M. Batiste.​