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Traverser la «ménocalypse»!

l'humoriste et auteure Guylaine Guay
Photo courtoisie, Ben Pelosse

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Avec un sens de l’autodérision extraordinaire et beaucoup de verve, l’humoriste Guylaine Guay décrit son face à face (dans le sens de « collision frontale ») avec les désagréables symptômes de périménopause dans son nouveau livre, Dame Mature.

Guylaine Guay, qui nous avait raconté les hauts et les bas de sa vie avec ses fils autistes dans Deux garçons à la mère, s’est penchée cette fois sur un sujet important, mais souvent tourné en dérision, la ménopause. Ou plutôt la périménopause — cette période qu’elle qualifie « d’apocalypse hormonale ».

Comptez sur elle pour un récit à la fois tendre et plein d’humour, où les anecdotes foisonnent ! Guylaine fait le point sur les étapes de la vie hormonale féminine, de la puberté à la ménopause, dévoilant des pans de sa propre vie « hormonale »... mèche courte, rétention d’eau et bouffées de chaleur comprises.

Guylaine Guay a eu beaucoup de plaisir à écrire ce livre qui dédramatise une période de vie qui compte plusieurs défis. « C’est pas un livre de référence médicale », avertit-elle. « Je voulais parler de cette période, pour qu’on se reconnaisse, les filles, et qu’on remette un peu ça à la mode, nos hormones. Je voulais ouvrir la discussion sur le sujet. »

Elle a trouvé une manière personnelle d’aborder le sujet. « L’humour est présent, mais il y a également beaucoup de tendresse envers nous-mêmes dans le livre : il faut bien vivre la périménopause. »

« Je pense que ça va faire du bien aux femmes de lire ça, de se dire, ah mon dieu, je ne suis pas toute seule. C’est écrit en toute humilité, en toute simplicité, avec humour. »

Inventaire comique

Facile ou difficile de faire de l’humour avec ce sujet ? « J’ai trouvé ça facile ! Je trouve que les symptômes sont assez gros : c’est pas des affaires discrètes. Du poil dans face, c’est pas discret. C’était facile de mettre les symptômes plus apparents, mais c’est toute ma vérité. »

« Je voulais vraiment faire un genre d’inventaire de ce qui se vit dans cette période et mettre ça tantôt comique, tantôt plus touchant. Et faire un temps d’arrêt — je suis presque cinquantenaire. C’est l’heure du bilan et je trouve que cette tranche d’âge est un peu oubliée. Les hormones, c’est réel : on ne l’invente pas ! »

Générer de la joie

Guylaine, après avoir perdu sa jeune sœur et son père au cours des deux dernières années, avait envie de générer de la joie. « Ce livre, pour moi, a fabriqué de la joie. La couverture, je l’adore : elle dit tout. Je la voulais audacieuse, mais belle. »

L’humoriste dit qu’elle vit bien cette période de sa vie. Qu’elle attend moins l’approbation des autres. Et qu’elle apprécie la force de caractère intégrée avec les années. « J’ai enterré mon père. Je m’occupe de mes deux gars autistes. Avec la Fondation Véro et Louis, on construit une maison. Il y en a des choses, dans ma cour. Mais l’expérience acquise au cours des 50 dernières années m’aide beaucoup. Je me sens bien mieux outillée. »

Dédramatiser

Guylaine pense que sa mission de vie consiste à dédramatiser des choses. « Je l’ai fait avec l’autisme, avec l’image corporelle. Je suis une toutoune et je l’assume. Avec la ménopause, la dédramatisation continue : c’est mon fil conducteur. C’est un don que j’ai reçu et je m’en sers. Je fais ça d’une façon instinctive. »


  • Guylaine Guay est animatrice, conférencière, comédienne et diplômée de l’École nationale de l’humour.
  • Elle est chroniqueuse de l’émission Marina à Radio-Canada.
  • Après la publication de son récit Deux garçons à la mère, elle est devenue la marraine de la Fondation Véro & Louis.
  • Elle sera présente au Salon international du livre de Québec.

EXTRAIT

« La ménopause est inévitable, dessinant la marque du temps sur nos corps. Laissant des sillons plus visibles chez certaines que chez d’autres. Elle estampille aussi le dedans de nos têtes en changeant l’image que nous avons de nous-mêmes. Pour être bien franche, depuis mon face à face avec la périménopause — j’utilise ici “face à face” dans le sens d’accident frontal et non de doux tête-à-tête —, j’ai la fleur de l’âge un peu flétrie. »

— Guylaine Guay, Dame Mature

<b><i>Dame Mature</i></b><br>
Guylaine Guay, Éditions Libre-Expression,184 pages
Photo courtoisie, Éditions Libre Expression
Dame Mature
Guylaine Guay, Éditions Libre-Expression,184 pages