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Explosion de violence dans une prison américaine: sept morts

Explosion de violence dans une prison américaine: sept morts
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WASHINGTON | Sept détenus sont morts dans des affrontements qui ont éclaté dimanche soir dans une prison américaine, des violences parmi les pires de ces dernières décennies dans un pays à la politique carcérale très critiquée.

L’émeute a vu s’opposer des groupes de prisonniers rivaux à la centrale pénitentiaire Lee de Bishopville, un établissement fréquemment secoué par des troubles dans l’État de Caroline du Sud.

 

La situation est devenue hors de contrôle à 19 h 15, avec «de nombreuses rixes dans trois bâtiments d’habitation», a indiqué l’administration pénitentiaire de cet État du sud-est du pays.

Aucun gardien ni policier n’a été blessé dans les violences, mais «17 détenus ont nécessité des soins médicaux à l’extérieur (de l’établissement, ndlr) et sept détenus ont été tués», ont précisé les autorités.

Le calme n’a été rétabli qu’à 2 h 55 du matin, selon les services pénitentiaires qui n’ont pas donné de précisions sur ces violences, mais ont remercié les forces de l’ordre et les services d’urgence mobilisés.

Le lourd bilan, succinctement annoncé lundi sur Twitter, illustre la dureté de l’univers carcéral américain, qui se voit souvent reprocher son manque d’humanité, poussant au désespoir nombre de détenus.

La population carcérale aux États-Unis atteint un niveau record, avec environ 2,2 millions de personnes derrière les barreaux, dont des légions de malades mentaux et de petits délinquants.

La prison Lee de Bishopville, un établissement de haute sécurité, accueille des condamnés de sexe masculin jugés parmi les plus dangereux de Caroline du Sud.

Univers carcéral violent 

Elle a été construite en 1993 avec une capacité de près de 1800 places, pour des condamnés purgeant des peines souvent longues.

Les violences et mutineries ponctuelles y sont relativement fréquentes.

Le mois dernier, des détenus avaient neutralisé un garde et pris le contrôle d’une partie d’un dortoir, avait rapporté la chaîne locale WACH Fox.

Un détenu avait perdu la vie dans une rixe en février, un autre a été mortellement blessé par arme blanche en novembre, un troisième a lui aussi été tué en juillet dernier dans une altercation.

Une enquête a été ouverte sur les derniers faits ayant endeuillé la prison Lee, le bilan de victimes comptant parmi les plus lourds depuis un quart de siècle.

En 1993, neuf détenus et un agent pénitentiaire avaient trouvé la mort dans une prison de très haute sécurité à Lucasville, dans l’État de l’Ohio.

Une mutinerie dans une prison d’État du Nouveau-Mexique s’était soldée en 1980 sur le décès de 33 détenus, quelque 200 autres ayant été blessés.

Mais le soulèvement qui a le plus marqué l’histoire américaine reste la mutinerie d’Attica, un pénitencier du nord-est des États-Unis qui comptait une majorité de prisonniers noirs et portoricains.

Cette rébellion avait éclaté le 9 septembre 1971 avant d’être matée quatre jours plus tard dans une répression sanglante.

Quelque 1300 détenus avaient pris le contrôle des bâtiments d’Attica, gardant en otages des gardiens et employés pénitentiaires.

Le gouverneur de l’État de New York, Nelson Rockefeller, avait décidé d’envoyer la troupe: des centaines de policiers et gardes nationaux avaient ouvert le feu à la carabine sur les mutins non armés.

Vingt-neuf prisonniers et dix otages avaient été tués, et une centaine d’hommes gravement blessés.