/opinion/blogs
Navigation

Maurizio Pollini : le temps d’une légende

 Maurizio Pollini : le temps d’une légende

Coup d'oeil sur cet article

Avant le grésil, et autres avaries de mère Nature, un cadeau presque inespéré nous fut offert  hier après-midi. Dans une Maison symphonique presque comble, le légendaire pianiste italien,  Maurizio Pollini, fut de passage, le temps d’un récital. Douze ans après sa venue à la salle Claude –Champagne, celui qui s’est fait une spécialité du répertoire Chopin, particulièrement Les nocturnes, présentait justement un triplé de ce compositeur, avec Debussy (Préludes, livre II) en deuxième partie.

Un Chopin entre deux eaux


Si les mazurkas étaient absentes du répertoire, le Prélude en do dièse ainsi que la Barcarolle furent à la hauteur, sans toutefois nous émouvoir. Pollini livra un travail ciselé, faisant place aux respirations nécessaires, sans toutefois avoir le jeu aristocratique d’un Rubinstein. La Sonate no 3, plus connue comme La marche funèbre le fut vraiment ! De l’angoisse à l’urgence, la sonorité fut sublime, intrinsèquement pathétique et parfois émouvante.

Debussy, mais c’est le jazz


Avec ses facéties poétiques et «  retournements harmoniques  », la musique de Claude Debussy est certainement l’une des plus riches qui soient. Certainement plus à l’aise que dans son Chopin, mais il ne s’agit là que d’un sentiment intérieur, Maurizio Pollini dit des Préludes, livre II, un véritable enchantement. Pour ceux et celles d’entre vous qui suivaient la carrière des grands pianistes de jazz (Keith  Jarrret, Brad Melhdau,. Bill Evans, John Lewis), toute la substance évocatrice de Debussy se déployait sous les doigts du concertiste. Certes, il y avait la sonorité pianistique, mais plus encore, le caractère narratif et cette manière d’aller de l’avant. Malgré des œuvres assez abstraites, Maurizio Pollini livra une partie du secret, avec comme botte secrète, un esprit jazz tout à fait remarquable.