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Michel Juneau-Katsuya ne s’excusera pas d’avoir dit que «certains animateurs ont du sang sur les mains»

Michel Juneau-Katsuya
Photo Courtoisie Michel Juneau-Katsuya

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Un an après la tuerie survenue à la grande mosquée de Québec, Michel Juneau-Katsuya persiste et signe. Il n’a pas l’intention de s’excuser d’avoir dit que «certains animateurs de radio de Québec ont du sang sur les mains».

C’est du moins ce qu’il a déclaré en entrevue à La Commission Gendron sur les ondes d’Énergie 98,9 lundi, en marge des représentations sur la peine d’Alexandre Bissonnette.

L’animateur Stéphane Gendron fut le premier à lancer un pavé dans la mare en affirmant que le «discours très toxique» de certains animateurs «persiste encore».

Son interlocuteur, l’ex-cadre des services secrets canadiens (SCRS), a renchéri en affirmant que les propriétaires de stations de radio ont leur part de blâme.

«Il y a encore toutes ces radios poubelles avec ces agitateurs qui sont au micro et c’est ça le problème auquel on est confrontés, c’est qu’à l’heure actuelle, il y a cette irresponsabilité qui existe de la part des propriétaires qui engagent intentionnellement, à gros prix, des individus qui, vraiment, déconnent sur toute la ligne, qui vont twister les faits, qui vont êtres démagos du début jusqu’à la fin juste pour les cotes d’écoute. Ça n’a rien à voir avec tenter de faire avancer la société, tenter de faire avancer l’être humain, de comprendre un peu plus ce à quoi on est vraiment confrontés. Non! Non! Tout ce qu’ils veulent, c’est strictement semer l’insécurité et des êtres fragiles comme cet individu (Alexandre Bissonnette), et bien, il va y en avoir plusieurs», a-t-il d’abord plaidé.

M. Juneau-Katsuya a ensuite indiqué, à l’aide de statistiques, que les appels en provenance de Québec au centre sur la prévention de la radicalisation ont augmenté après la tuerie et que «90%» de ces appels touchaient «que l’extrême droite».

«À quelque part, vous ne pouvez pas me dire que ces gars-là (les animateurs de radio) qui ont fait un semblant de mea culpa et un semblant de “faut faire attention entre nous” pour peut-être trois heures dans la journée du lendemain, qu’ils ont vraiment fait une prise de conscience. Au contraire! On a eu récemment un article dans un journal qui rapportait justement que certains de ces animateurs-là, par le conseil de presse, ont été désavoués et ont été réprimandés», s’est-il insurgé.

Par la suite, l’ex-agent du SCRS a pointé tous les paliers de gouvernements du doigt pour leur «manque de colonne vertébrale».

«Le Code criminel canadien a des articles du code qui touchent précisément l’incitation à la violence. On a besoin maintenant d’avoir vraiment des procureurs qui se lancent contre ces individus-là et qui amènent des gens en cours et qui amènent des gens en procès. Il faut avoir aussi un CRTC ou un conseil québécois de la presse qui doit avoir des dents. Lorsqu’on dit des conneries et c’est la moyenne d’une connerie par jour au minimum par animateur pis qu’on vous colle une amende de peut-être 30 000 $ pour avoir dit des propos qui sont absolument inacceptables, ben quand ils vont commencer à les collectionner ces 30 000 dollars-là, ils vont peut-être comprendre parce que c’est la seule sensibilité qu’ils ont. C’est une sensibilité monétaire. Ils le font parce que ça rapporte des sous, pas parce que c’est bon pour la population, pas parce qu’ils engagent un débat intelligent, pas parce qu’ils embarquent les gens à mieux réfléchir et mieux comprendre les vrais enjeux auxquels ont est confrontés. Ils sont là strictement pour faire du trouble et ce trouble-là, ça rapporte malheureusement», dit-il.

En rappelant qu’avoir un micro constitue un privilège, M. Juneau-Katsuya a aussi martelé que les animateurs doivent avoir «une notion de responsabilité et de conscience sociale».

«Malheureusement, ce sont des gens qui ont encore beaucoup d’écoute parce qu’ils viennent stimuler des émotions et des fois, ils parlent avec un langage assez charrié que ça attire des gens. Fort heureusement, il reste beaucoup encore de bons animateurs et de bonnes radios à Québec pour faire un contrepoids. Mais ce contrepoids-là, il faut qu’il soit appuyé par une volonté politique pour vraiment enrayer ces choses-là. Les beaux discours qu’on a entendus de Monsieur Labeaume, Monsieur Couillard, Monsieur Trudeau, au lendemain de la tuerie étaient fantastiques. Ils ont dit ce qu’ils avaient à dire, mais malheureusement, les babines n’ont pas suivi les actions», a-t-il déploré.

En terminant, M. Juneau-Katsuya a réitéré que l’auteur de la fusillade à la mosquée de Québec a forcément été influencé «par les médias en général».