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Peine de 37 mois de prison pour une fraudeuse en série

«J’ai fait beaucoup de victimes là-dedans, mais c’est moi, la pire victime», a soutenu l’accusée

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Une fraudeuse en série de Québec qui a volé plus de 35 000 $ à deux de ses employeurs, dont un organisme à but non lucratif, a reçu une peine « significative » de 37 mois de prison.

Josée Labadie, 47 ans, une multirécidiviste qui a de nombreux antécédents judiciaires en matière de fraude depuis 1992, a subtilisé dès 2013 une somme d’un peu plus de 21 000 $ à son employeur, le Centre de formation professionnelle Wilbrod-Bherer, en « volant des chèques » de ce dernier et en les « falsifiant à son profit », a rappelé le juge Jean Asselin lors du prononcé de sa sentence, vendredi.

Alors qu’elle était en attente de son procès pour ces infractions, l’accusée a utilisé le même « modus operandi » en 2016 et 2017, volant ainsi un peu plus de 14 000 $ à l’organisme sans but lucratif Entreprise de formation Dimensions – qui aide les jeunes en difficulté -, pour lequel elle travaillait comme adjointe administrative.

« Pour protéger le public »

Il s’agit « d’un agir criminel subtilement orchestré dans le seul but de s’approprier des biens pour son bénéfice personnel en abusant de la confiance de ses employeurs », a soutenu le magistrat.

Ce dernier a statué que l’accusée, qui « a pu bénéficier à quelques reprises de la clémence du tribunal » – sa plus importante sentence était de deux ans moins un jour, en 2008 -, devait recevoir une peine d’emprisonnement « significative » pour « protéger le public ».

Étant détenue depuis 7 mois, l’accusée, qui a plaidé coupable dans tous ses dossiers, doit donc encore purger un peu moins de 30 mois derrière les barreaux.

Interdiction pour 6 ans

Il lui est également interdit, pour les six prochaines années, « de chercher, d’accepter ou de garder un emploi ou un travail bénévole » dans le cadre duquel elle « exerce ou exercerait un pouvoir sur les biens immeubles, l’argent ou les valeurs d’autrui ». Compte tenu de « sa faible capacité financière », elle n’a pas à rembourser ou à dédommager ses ex-employeurs.

Le juge, qui a pointé de nombreux facteurs aggravants, a souligné prendre en compte les « efforts » de l’accusée depuis sa détention pour tenter « une amorce de réhabilitation ».

Le rapport présentenciel, qui soulevait le risque de récidive « présent et élevé » si la criminelle n’était pas bien encadrée, notait aussi la présence de « remords » qui ont paru « sentis ».

« C’est moi, la pire victime »

Lors des représentations sur la peine, Labadie a expliqué avoir commis ces fraudes « pour ne pas perdre » ce qu’elle avait avec son conjoint malade, à qui elle « mentait » sur leur réelle situation financière.

« Je le ressens que je suis coupable [... ] pis je suis pas bien, pis j’ai fait beaucoup de victimes là-dedans, mais c’est moi, la pire victime là-dedans », a-t-elle dit, en pleurs, avant de clarifier sa pensée.

« Regardez, j’ai tout perdu [...]. Je m’en veux pas mal de ce que j’ai fait. Si je pouvais les voir tous ces gens-là pis m’excuser en personne, je le ferais », a plaidé la multirécidiviste.

La Couronne avait réclamé une peine de prison de quatre ans. La Défense demandait, une fois soustraite la détention provisoire, une peine de deux ans pour permettre à Labadie d’être incarcérée dans un établissement fédéral, où l’aide serait plus appropriée à ses besoins.